Un contrat de mariage en 1820

Le 27 septembre 1820, Amand BESNARD, cultivateur, épouse civilement et religieusement, à Poilley, Mlle Marie Jeanne Thérèse LECHARTIER.

Le même jour, un contrat de mariage est passé entre les futurs devant maître PINOT, notaire Royal à Ducey.

Marie LECHARTIER est la fille de Guillaume LECHARTIER, aubergiste au Pavement sous l’enseigne de « l’Hôtel de Bretagne ». Propriétaire entre autre de la « Bourlière », exploitation de plus de 7 hectares, Guillaume est appelé LECHARTIER Bourlière. Sa maison, toujours existante au Pavement, posséde un linteau portant son nom, associé à celui de sa seconde femme, Jeanne COUBARD, avec la date de construction : 1789.

 Contrat de mariage entre Amand-Antoine BESNARD
et Marie-Jeanne-Thérèse LECHARTIER

 CM_signature contrat_mariage Du vingt sept Septembre mil huit cent vingt, neuf heures du matin au lieu dit du Pavement en la Commune de Poilley devant PINOT, Notaire Royal, résidant à Ducey, soussigné 

Les conditions civiles du mariage proposé entre :

le Sieur AmandAntoine BESNARD, Cultivateur, né en la Commune de Ducey , y demeurant et domicilié, fils majeur de feu Louis BESNARD et Anne PICHOT, d’une part

et Demoiselle Marie-Jeanne-Thérèze LECHARTIER, née, demeurant et domiciliée en la dite Commune de Poilley, fille majeure de feu Guillaume-Thomas LECHARTIER, Bourlière et de Veuve Jeanne Perrine COUBARD, d’autre part .

Ont été arrêtés de la manière suivante

Les Futurs ici présents, déclarant adopter le régime de la Communauté, seront à compter du jour de célébration de leur mariage, communs en biens, meubles, et acquêts, et nonobstant les immeubles de la future ne pourront être aliénés sans un remplacement valable de même nature, agré par elle.

La Future a déclaré et son Futur reconnu pour en avoir une parfaite connaissance et en être censé en possession du jour de leur mariage sans qu’il soit besoin de quittance, consentant que le présent en serve qu’elle a et est saisie, comme provenant de la succession de son père, des meubles et effets ci-après savoir :
trois lits de plume complets estimés àla somme de trois cents francs ;
une armoire à CM_Armoire_normande_mariage (FILEminimizer)
deux battants avec trois tiroirs dedans et ses ferrures, serrures et clef estimée à cent francs, huit draps de lit, quatre nappes, dix serviettes, dix essuye – mains, le tout estimé à soixante quinze francs et de quelques autres meubles et effets, ensemble estimés à trente et un francs, lesquelles estimations faites par les futurs et leurs parents après examens font ensemble une somme de cinq cent six francs(1) ; en outre les habits, hardes, bagues et joyaux à l’usage de la dite future.

Si lors du décès du premier mourant des futurs, il n’y a de leur mariage ni enfant vivant ni descendant de leurs enfants, ils déclarent se donner comme en effet ils se donnent mutuellement au survivant des deux en propre, tous les biens, meubles qui se trouveront leur appartenance au décès du prémourant, avec la jouissance en usufruit pendant la vie du survivant, des immeubles du prédécédé, mais si lors du décès du prémourant des dits futurs, il y a de leur mariage des enfants ou des descendants des dits – enfants le survivant ne jouira en usufruit pendant sa vie que de la moitié des biens, meubles et immeubles du prédécédé pourvu qu’il ne se remarie pas ; s’il se remariait, il perdrait cet usufruit qui dès lors retournerait aux dits enfants.

Le survivant ne sera point tenu de fournir (… ?) de l’usufruit qu’il aura, mais il sera obligé d’entretenir les fonds en suffisant état et pour cet effet de prendre en iceux les bois nécessaires, il pourra même y en prendre pour son chauffage, au moins endommageant.

Les rentes que les futurs peuvent avoir acquis, ou pourraient avoir par la suite par succession ou donation, seront considérées comme immeubles et en suivront fort tant pour raison de la communauté que des dons ci-dessus et le capital de celle de la future ne pourra être touché sans remplacement.

Les habits, linges et hardes des futurs ne font point partie de leur communauté et avant le partage s’il y a lieu, le survivant pourra prélever en essence, tous ceux à son usage.

La future réserve expressément pour elle et pour ses enfants, si elle en a la faculté, en renonçant à la communauté, de reprendre francs et quittes, en habits, linges, hardes, et joyaux à son usage, ses apports ci-dessus, et tous autres qu’elle pourra faire pendant le mariage dont pour cet effet le futur serait tenu de faire demeurer l’état et la valeur constante par acte en forme.

Sous lesquelles clauses et pactions(2) les futurs se sont donnés la foi de mariage et ont promis de s’épouser à la première réquisition de l’un d’eux.

Fait et arrêté par la présence et du consentement de la dite Anne PICHOT, mère du futur, de Louis BESNARD son frère, d’Adrien ANFRAY, son oncle, du Sieur Victor, Guillaume, Jean LECHARTIER – MAISONNEUVE, frère de la future et autres parents et amis des futurs, en outre des Sieurs Jean René PINOT, Maire de la dite Commune de Poilley et Pierre BOUFFARE, secrétaire de Mairie de la dite Commune, l’un et l’autre y demeurant, témoins signés avec les futurs en sus-nommés, parents, amis et nous dit Notaire, après lecture faite.

Signatures :

CM_Contrat_mariage_BESNARD_LECHARTIER_signatures_1820 (FILEminimizer)

Amand BESNARD                M. LECHARTIER
A PICHOT                             Louis BESNARD
Adrien ANFRAY                    Jean PICHOT
Mère BESNARD                  H. BESNARD
Hortense PINOT femme de LECHARTIER (Maisonneuve)
 J.M. LECHARTIER               M. LECHARTIER
SENECHAL                          GALLIEN
PINOT         BOUFFARE           PINOT

 

 Enregistré à Avranches le Dix Octobre 1820 f.132 Vol 7

Reçu Onze francs, subvention comprise

LEMAISTRE


1 : A titre de comparaison, en 1835 soit quinze ans plus tard, 
un ouvrier à Avranches gagne environ 1,30 francs par jour 
(moyenne sur une vingtaine de métiers, source Annuaire de la Manche).
2 : paction : action de faire un pacte, une convention
terme vieilli (Le Littré)

 

Remarque : Pour pouvoir comparer et en savoir plus sur les contrats de mariage normands du XVIII ème siècle :

voir le site :   le contrat de mariage

CM_noce-normandie-f (FILEminimizer)

Une noce en Basse-Normandie, la belle-mère apporte le trousseau de la mariée

 

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