Saint-Quentin : fantaisies sur divers registres (2)

 Autoportrait ?

Relevé du registre paroissial

Fant_2_Signature_Marque_DUBOIS_1677_SQ

L’an mil six cent soixante et dix sept, le dix septième jour de novembre ont été espousés Michel Leroy (?) fils Thomas et de Margueritte Roussel, et Andrée Dubois fille Jean Dubois et Margueritte Curault, tous de cette paroisse en présence de Michel Loüail, Jean Dubois et Toussaint Dubois.

 La marque du Sieur Dubois est originale, est-ce son autoportrait ?

Il semble que ces Dubois soient de la famille des seigneurs de St-Quentin dont parle Cudeloup dans sa « Monographie » :

Fant_2_Signature_extrait_mono_Cudeloup_1

En 1673, ce fut également le sieur Dubois qui présenta et nomma Charles Roussel à la chapelle Sainte Anne de la Pichardière.(Ref Cudeloup)

Malheureusement la lecture des registres BMS n’a pas permis de confirmer cette hypothèse, cette signature semblant unique.

Fant_2_Signature_Marque_DUBOIS_2_1677_SQ


« Ma décision est prise
je m’en vais déserter « 

 

Relevé du registre des délibérations du conseil municipal

  « Département de la Manche, arrondissement d’Avranches

Fant_2_Desertion_tirailleur_empireL’an mil huit cent dix le quatre novembre, nous Maire de la Commune de St-Quentin en conséquence de la lettre à nous adressée par Mr le sous-préfet de l’arrondissement d’Avranches en date du vingt six octobre dernier touchant le signalement du Sr GARNIER, déserteur. L’avons transcrit tel qu’il suit.

N° 280

Le nommé GARNIER Auguste, fils de François et d’Anne HOSSERMON, né le 28 août 1787 à St-Quentin, canton de Ducey, département de la Manche, taille d’un mètre 630 millimètres, cheveux et sourcils blonds, yeux gris-bleu, front haut, nez aquilin, bouche moyenne, menton rond, visage ovale, teint , (non renseigné), marques particulières, (non renseigné).

Entré au service dans le bataillon des Tirailleurs du pos(?) comme conscrit de 1807, où il était inscrit.

Savoir

sur le contrôle du corps, sous le N° 2g45 ; sur le Tableau Général de la Conscription sous le N° (non renseigné), sur la liste formée en exécution de l’article 12 du décret du 8 Fructidor AN XIII, sous le N° 17, a déserté le 25 août 1809, il a été jugé par contumace le 15 septembre 1809 à la peine de cinq ans de travaux publics. « 

François GARNIER, père d’Auguste (Augustin pour l’état civil) est laboureur à St-Quentin, Natif de St-Loup, il épouse en janvier 1780, Anne AUMONT (et non HOSSERMON) née à Les Chéris.

Ils auront au moins cinq enfants dont Augustin.

Dans les registres d’État civil, il n’y a aucune trace du retour de ce dernier à St-Quentin.

L’année 1807

 Début 1807, la sanglante bataille d’Eylau dans la Pologne prussienne, provoque des pertes énormes chez les Français. Elles sont dissimulées avec soin dans les bulletins officiels. L’ordre est donné, à Paris, de célébrer l’affreuse boucherie d’Eylau par des fêtes et des représentations de gala.

Fant_2_Desertion_Bataille_d_Eylau_1807 (FILEminimizer)

Dès le 7 avril 1807, une nouvelle levée anticipée est nécessaire (80000 conscrits de l’année 1808, dont 60000 seront mis aussitôt en service actif). Les réfractaires, les déserteurs commencent à inquiéter les responsables du recrutement.

(Ref : http://www.cosmovisions.com/Napoleon06.htm)

Rôle des Préfets et Sous-Préfets.

  Sous le Consulat et l’Empire le préfet est responsable des levées dans son département. À partir d’août 1805, le préfet et les sous-préfets dirigent et contrôlent la répartition du contingent.

Le préfet préside le Conseil de recrutement. Il se déplace avec le sous-préfet dans chaque canton pour l’examen définitif et statuer sur les réclamations.

Le sous-préfet assure la relation entre administration centrale, militaires et maires.

L’appel annuel du contingent

Suivant l’effectif du contingent appelé dans le département, le préfet fait la répartition entre les arrondissements, en fonction de la population. Le sous-préfet ventile ensuite par canton le nombre des appelés nécessaires.

Les jeunes gens inscrits sous la responsabilité du maire, sur la liste de la commune sont soumis ensuite à l’examen des conscrits. C’est le sous-préfet qui en a la responsabilité.

Les conscrits, pied-nus, sont toisés, les handicapés (estropiés, boiteux, aveugles, sourds-muets) et les tailles inférieures à 1,488 mètre sont proposés pour la réforme. Tous les conscrits capables de servir subissent l’examen définitif du Conseil de recrutement organisé par le sous-préfet.

L’insoumission (réfractaire, déserteur) entraîne immédiatement l’action des juridictions compétentes.

Ce sont les préfets et sous-préfets qui pourchassent les déserteurs et les réfractaires.

Les gardes champêtres et les gendarmes (sous forme de colonne mobile) sont chargés de ramener les conscrits récalcitrants.

Des Conseils de guerre spéciaux sont chargés de juger les sous-officiers et soldats coupables de désertion et les conscrits condamnés comme réfractaires (Réf :   chantdudepart.over-blog )

La peine des travaux publics

Peine portée contre les militaires qui désertent à l’intérieur. Sa durée est de trois ans au moins, et ceux qui la subissent sont employés soit à des travaux militaires, soit à des travaux civils, sans porter ni chaînes, ni fers, si ce n’est par mesure de police ou de discipline. (Arrêté du gouvernement du 19 Vendémiaire an XII, art. 52 et 72)

Pour en savoir plus

Sur « Préfets et conscription dans la Manche sous le Consulat et l’Empire (1800-1814) », de Lannoy François.. In: Annales de Normandie, 50e année n°4, 2000. pp. 511-522.

lien :  Préfets et conscriptions dans la Manche. Persée

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Rudesse des temps

 

Relevé du registre des délibérations du conseil municipal

« L’an mil huit cent dix sept, le cinq juin après-midi le conseil municipal de la commune de St-Quentin, convoqué extraordinairement par le maire et réuni au lieu ordinaire de ses séances aux fins d’aviser aux moyens de venir au secours de la classe indigente de sa commune en exécution de l’arrêté de M Le préfet du département de la Manche, chevalier de l’Ordre Royal de la Légion d’honneur en date du vingt deux mai dernier.

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Considérant que la commune n’a aucun revenu appartenant aux pauvres, que l’on va ouvrir un registre de souscription et faire des quêtes , mais que tout cela produira bien peu de choses attendu que ceux qui le peuvent, donnent du pain à leurs portes, que n’ayant rien en réserve n’y en (…) sur l’excédant courant et ceux antérieurs, ne peut voter aucune somme sur les revenus de la commune,

arrête

Article premier

Il sera demain, par les soins du Conseil, fait un état exact de tous les pauvres de cette commune ainsi que de toutes les personnes en état de les soulager

Article deux

Chacune des dites personnes ainsi reconnue de son aise sera après demain invitée et forcée au besoin, à contribuer selon ses moyens à ce que chaque pauvre reçoive à dater du neuf de ce mois au moins un repas par jour à domicile et ce jusqu’à la récolte prochaine.

Article trois

La dite invitation indiquera le nom des indigents assignés à chaque personne ainsi que les jours dans lesquels elle sera tenue de leur faire parvenir ses secours

Article quatre

Pour s’assurer de l’exécution des articles deux et trois ci-dessus, le Maire et tous les membres du conseil vont se partager la commune et visiteront au moins une fois par semaine les pauvres résidant dans les arrondissements ainsi à eux assignés

Article cinq

Le présent arrête sera de suite envoyé à M. le préfet et soumis à son approbation et vu l’urgence il sera provisoirement exécuté en toute sa teneur. En la mairie de la commune de St-Quentin, ces dits jour mois et an.

Signatures :

Lebedel, maire ; Dupont, adjoint ; Poulain ; Hardy ; Pinel ; Godard ; Gautier ; Besnard ; Roussel ; Juin . « 

 Fant_2_Famine_iemeute_pour_le_pain (FILEminimizer)Dans les années 1816-1817, la France subit une grave crise des subsistances due aux mauvaises récoltes. Le prix du blé fut multiplié pratiquement par trois, atteignant son paroxysme en 1817 ; bien évidemment, ceci eut une forte incidence sur le prix du pain.

La conséquence fut révoltes et émeutes de la faim dans de nombreux départements. Ainsi Lyon et sa campagne furent l’objet de véritables émeutes aboutissant à une conspiration-insurrection en avril 1817. Des exécutions capitales en furent le résultat.

On comprend l’empressement que mirent les autorités du département et de la commune pour  organiser et contrôler le secours aux affamés !

Quelle était la cause de ces mauvaises récoltes ?

À la suite d’une série d’éruptions volcaniques, et plus particulièrement du volcan indonésien Tambora en 1815, les émissions de poussières perturbèrent fortement le climat mondial.

Aussi bien en Amérique du Nord qu’en Europe, les récoltes souffrirent pendant plusieurs années d’un climat froid et humide.

1816 fut une année particulièrement touchée , pas d’été, avec des pluies, grêles et chutes de neige détruisant les récoltes. Les « petites gens », n’ayant pas de réserve,  furent touchés de plein fouet par la famine et la misère.

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