Le Vieux-Pont : L’Hôtel de Bretagne

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Le Pavement, plan actuel

Au débouché du Vieux-Pont, vers Poilley, le regard du promeneur est attiré par un ensemble de trois linteaux de porte portant le même nom : Lechartier. Le plus ancien de ces linteaux, au N° 21, daté de 1789, rappelle le nom du bâtisseur : Guillaume Lechartier-Bourlière, époux de Jeanne Coubard.

Guillaume est un descendant de Nicolas Lechartier, appelé Lechartier Bourlière. Sieur de la Bourlière, Nicolas a adjoint le nom de ce lieu certainement pour se distinguer des nombreux Lechartier alors présents à Ducey. Comme son ancêtre Guillaume est un Lechartier Bourlière, d’où le B sur le linteau de sa porte.

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Tout d’abord marchand, Guillaume Lechartier-Bourlière s’installe comme aubergiste au Pavement où il se fait construire cette maison. A l’époque, et particulièrement pour lui, le métier d’aubergiste a plusieurs facettes. C’est Guillaume qui achète directement ses animaux aux éleveurs locaux. C’est lui qui les abat et qui les débite. Il est, sur les actes de naissance de ses nombreux enfants (15 de deux femmes) tour à tour, marchand, boucher, aubergiste, loueur de chambres …

Il semble être associé à ses frères qui sont également aubergistes au Pavement. Une de ses filles Marie Lechartier épouse Amand Besnard dont le linteau au N°9 , rappelle cette union.

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C’est son fils Victor, appelé Lechartier-Maisonneuve qui prend la succession de Guillaume. Époux de Hortense Pinot, il est le gendre de Pierre Augustin Pinot, maire de Poilley et bourgeois habitant la maison sise aux Jardins à Poilley.

Victor Lechartier-Maisonneuve est à la tête d’une grande auberge « l’Auberge de Bretagne » puisque les écuries, situées derrière la maison, peuvent contenir 60 chevaux. Il est vrai qu’elle est très bien située, juste auprès du pont, unique passage de la Sélune, à des lieues à la ronde !

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Le Pavement, en 1831

Dans les années 1835-1840, Ducey et la région voient un profond changement. L’axe routier Alençon-Saint-Malo-Brest est percé et aménagé. Le Vieux-Pont n’est plus le seul passage sur la Sélune, le Pont-Neuf est en service vers 1841. Cependant l’auberge de Bretagne n’est qu’à quelques dizaines de mètres de ce nouvel itinéraire.

Cela est-il la cause des difficultés financières de l’aubergiste ou est-ce sa passion des courses de chevaux, en particulier celles d’Avranches qui voient courir Nina, une de ses juments ?

Hélas, dans les années 1840, c’est la « chute » de Lechartier-Maisonneuve : l’auberge est mise en vente une première fois, sans succès.

Victor Lechartier-Maisonneuve s’essaie alors en tant que maître de poste, d’abord entre Avranches et Ernée (53) puis pour la malle de Paris à Brest.

En 1847, le maire de Ducey, conseiller général, intervient en cours de session en faveur du maitre de poste en difficulté. Il y évoque la dureté des temps et la cherté des fourrages et demande que Lechartier-Maisonneuve continue ce service postal. Mais peu de temps après, la concession lui est retirée.

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Ce sont ensuite les ventes aux enchères soit volontaires soit suite aux expropriations des biens de l’aubergiste défaillant. Tout y passe, meubles, auberge, terres de la Bourlière, possessions venant de sa femme (la terre et bâtiments de la Plochère sur Saint-Quentin) …

Lechartier-Maisonneuve entraine dans sa chute sa sœur Marie Lechartier, veuve Besnard dont tous les biens sont saisis (elle s’est portée caution pour son frère Victor), ainsi que certainement les biens de son frère Pierre Lechartier-Bourlière, boucher à Ducey.

Soit en résumé :

  • les biens de la Vve BESNARD (bâtiments au Pavement et petite ferme de plus de 4 hectares
  • l’hôtel de Bretagne et son mobilier
  • La terre de la Bourlière (22 654 francs pour 7 hectares)
  • la terre de la Plochère (20 hectares)
  • Plus : certainement, la vente sur saisie effectuée sur Pierre LECHARTIER-Bourlière, boucher à Ducey, saisie réalisée à la même époque.

Que sont devenues ces personnes ?

Il semble que vers 1853 les époux Victor Lechartier-Maisonneuve – Hortense Pinot étaient décédés, leur fils Pierre étant considéré comme héritier en1853. Pierre et Marie Lechartier ne semblent plus vivre à Ducey ou Poilley.

Une nouvelle époque s’ouvre

Pendant cette descente de Lechartier-Maisonneuve, une autre grande famille prospère au Pavement : Les Berthelot.

En 1845, Charles Berthelot se fait construire une grande maison près du Pont-Neuf, en bordure de la nouvelle route. Né à Montigny, teinturier de profession, il a épousé Jeanne Pinot, sœur de Hortense Pinot, femme de Victor Lechartier-Maisonneuve.

Le Vieux-Pont ne dessert plus que les communications locales. Délaissant le Pavement, les activités commerçantes se créent en bordure du nouvel axe routier.

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A gauche du Pont-Neuf, la maison Berthelot


 

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