Albert FLEURY, maire de Ducey de 1898 à 1921 (2nde partie)

Né le 28 avril 1865 à Ducey, Albert FLEURY est le fils d’Emile et d’Amélie DELAROCHE.
Il grandit à Ducey auprès de ses sœurs Emilienne de deux ans plus âgée et Léa née trois ans après lui.

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Il fait ses études au Petit Séminaire de Mortain où il est reçu au 1er examen du baccalauréat avec mention supérieure, en décembre 1882. Son père, maire de Ducey depuis mai de la même année, décède trois ans plus tard.

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Salle de conférence de l’abbaye blanche de Mortain

On le retrouve ensuite à Paris vers 1894, où il étudie la médecine. Domicilié au 19 rue de la collégiale dans le Vème arrondissement, il vit avec Juliette Charlotte MARCHAND, une jeune fille de 19 ans, originaire de Bourth dans l’Eure. Elle est la fille de Félix Ernest marchand perruquier de Bourth. Cette union libre, loin de la pression familiale, va donner naissance à deux enfants.

Marie Thérèse voit le jour le 18 octobre 1894 au domicile des deux jeunes amants etClotilde Eugénie naît trois ans plus tard, le 6 mars 1897. Albert poursuit toujours ses études de médecine mais est domicilié désormais dans le 13ème arrondissement de Paris, au n° 40, de l’avenue des Gobelins, à côté de la manufacture.

Le 14 janvier 1898, Maître GUERCHIN, notaire du 13ème arrondissement, reçoit un acte de consentement concernant le mariage d’Albert  FLEURY avec Julienne MARCHAND, rédigé par Amélie Maria DELAROCHE, la mère du futur.

Le mariage est enregistré à la mairie de ce même arrondissement le jeudi 27 janvier à 11h30 du matin. Albert, alors médecin, prend pour épouse Juliette qui a maintenant 24 ans. En même temps, le maire-adjoint, officier de l’état civil, enregistre la reconnaissance en vue de la légitimation « devant résulter de leur mariage » de leurs deux filles mineures.

Il est probable que leur union ait été acceptée difficilement par la famille car aucun membre respectif n’est présent à cette occasion. Les témoins étant tous domiciliés à Paris.

La conception des enfants hors mariage en est probablement la cause.

Une fois le mariage et les enfants légitimés, Albert revient au pays et s’installe comme médecin dans le bourg qui l’a vu naître. Il devient maire de Ducey à partir du 3 mars 1898, probablement avec le soutien des amis de son père, tel Francis TIZON.

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Albert FLEURY

Les années se succèdent au rythme des banquets annuels et des élections municipales.

Au cours du banquet de la Fête de l’Amicale Laïque du 16 juin 1907,

Au cours du banquet de la Fête de l’Amicale Laïque du 16 juin 1907, Albert FLEURY (au centre) lève son verre pour la photo.

En 1907, les professeurs et élèves du Petit Séminaire de Mortain se fixent à Ducey avec l’aval d’Albert FLEURY et ouvrent dans l’ancien couvent, l’école Sainte-Marie. Des cours sont dispensés pour les garçons de la 6ème à la terminale avant que l’école ne soit transférée àAvranches et ne devienne l’Institut Notre-Dame.

Dans le « Courrier de Ducey » du samedi 9 mai 1908, Albert FLEURY s’adresse à la population pour la remercier de son élection et lui demande de renouveler le mandat de ses conseillers CASPAR et ANFRAY…. « En agissant ainsi, vous voterez une fois de plus pour moi et pour votre sympathique adjoint Emile HERMON ».  

Le 18 février 1911, « Le Journal l’Avranchin » relate  une affaire dans laquelle Fleury avait menacé de démissionner de sa place de maire :

En 1907, les professeurs et élèves du Petit Séminaire de Mortain se fixent à Ducey avec l’aval d’Albert FLEURY et ouvre dans l’ancien couvent, l’école Sainte-Marie. Des cours sont dispensés pour les garçons de la 6ème à la terminale avant que l’école ne soit transférée à Avranches et devenir l’Institut Notre Dame.

Dans le Courrier de Ducey du Samedi 9 mai 1908, Albert FLEURY adresse un appel à la population de remerciement pour son élection et demande de renouveler  le  mandat de ces conseillers CASPAR et ANFRAY…. « En agissant ainsi, vous voterez une fois de plus pour moi et pour votre sympathique adjoint Emile HERMON ». 

“Tous les conseillers municipaux moins deux, MM. Anfray et Caspar, qui n’ont pas voulu signer, ont fait cause commune avec M. Le docteur Fleury, maire de Ducey, relativement à l’affaire du bureau de tabac. Deux membres du conseil étaient absents. La municipalité ayant demandé un second bureau de tabac pour le haut du bourg, près de l’église, il semblait tout naturel de voir s’installer le nouveau buraliste à l’avantage de ce quartier. Si la récente délibération du conseil n’est pas acceptée, ainsi que nous l’avons dit, le conseil démissionnera en masse pour se solidariser avec le maire qui maintient sa démission”.

Un mois plus tard, le journal révèle à travers un article intitulé “la brouille”, le tempérament“entier” du maire dans la suite de cette affaire :

“A la révision de St-James, M. le préfet avait dit à M. Fleury qu’il s’entretiendrait avec lui, à Ducey, de l’affaire du bureau de tabac. M. le préfet n’étant pas venu à Ducey, M. Fleury s’en étonnait : “Il y a plus de quinze jours que c’est décidé, répliqua le secrétaire général.” – « Ah! elle est propre votre administration, si vous saviez ce que je m’en moque, autant que de vous et du sous-préfet », s’écria le maire de Ducey.
La plupart des maires donnent raison à M. Fleury ; on prête au conseil municipal l’intention de ne pas assister aux séances pour provoquer une dissolution de l’assemblée municipale”.

Dès le début de la guerre 14-18, Albert et son épouse créent l’Hôpital 120 à Ducey pour accueillir des soldats belges, dans l’ancien couvent.

Hopital 120 Equipe Medicale

Albert FLEURY, parmi le personnel de l’hôpital 120, est assis au centre, à droite, à côté de son épouse assise à droite également.

Albert FLEURY, parmi le personnel de l’hôpital 120, est assis au centre, à droite, à côté de son épouse assise à droite également.

Il est également président de la commission de l’Hospice et modernise ce dernier. Sous son mandat, la place de l’église est réaménagée ainsi qu’un jardin public le long de la Sélune.

En 1919, il devient Conseiller Général du canton de Ducey en remplacement de Félix Louis BARON, décédé. Il est aussi Président du Comice Agricole, officier d’Académie et Président et fondateur de la Mutuelle Cantonnale Ducéenne, assurance contre la mortalité du bétail. Quant à Mme FLEURY, elle reçoit une distinction le 5 juin 1920 comme fondatrice de l’ambulance 120.

Quelques jours avant sa disparition, Albert FLEURY invite par voie de presse, les commerçants et industriels de Ducey à assister à une réunion pour défendre leurs intérêts. L’assemblée se tient à la salle de la mairie le 9 février 1921. Un syndicat se forme, les statuts sont approuvés. MM. FLEURY et TIZON sont élus présidents d’honneur, le pharmacien CASPAR devient le premier président de ce qui va devenir : l’Union des Commerçants, Industriels et Artisans  de Ducey (l’UCIAD), association toujours existante aujourdh’ui.

Le 16 février 1921, Albert Fleury s’éteint à son domicile de la Grande Rue de Ducey,  à l’âge de 55 ans, tout comme son père. Trois jours plus tard, un important cortège funèbre se déroule dans les rues de la cité.

« Les maisons étaient fermées ; aux fenêtres pendaient des drapeaux voilés de crêpe, et on avait l’impression que le deuil n’était pas seulement celui d’une famille cruellement atteinte mais encore celui de toute une population à laquelle la mort venait d’enlever un premier magistrat, le cher et regretté docteur Fleury.
Dès le matin, la petite cité avait vu (…) affluer dans ses rues, pour la triste cérémonie de l’inhumation, des habitants de toutes les communes du canton et des cantons limitrophes et l’église se trouva trop petite pour contenir la foule silencieuse qui accompagnait le défunt dans sa dernière demeure.
Une trentaine de prêtre et de nombreuses notabilités figuraient dans le cortège ».

                                                    L’Avranchin du 5 mars 1921.

Sont cités présents l’Archiprêtre d’Avranches et M. le supérieur de l’Institut Notre Dame, M. le sous-préfet d’Avranches, MM. Bailleul, Chevrel, Davy, P. Le Monnier, Martin, conseillers généraux, Dr Aubrée, Brasy, Gautier, Morel, Conseillers d’arrondissement, le comte de Roquefeuil, les docteurs Béchet, Névot, Le Moussu, Sevin, Lefrançois, Guinnebault, Hamon, R. Tizon, Jouvin, etc.

Les honneurs étaient aux mains de M. Hermon, adjoint, de M. le docteur Tizon père et de M. Caspar, pharmacien. Les cordons étaient tenus par MM. R. Tizon, conseiller d’arrondissement, Leprieur, Doublet et Raoux, conseillers municipaux.

La saga des FLEURY, maires de Ducey ne s’achève pas tout à fait avec Albert. Ce dernier laisse derrière lui une fille, Marie-Thérèse FLEURY, qui avait épousé en 1915, Justin François Etienne RAOUX qui deviendra maire de Ducey à son tour, en 1951.

Un grand merci à Mme Béatrice AUDOUX-GIQUELAY pour nous avoir fourni ces magnifiques photos de famille mais également, de précieux renseignements biographiques.
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