L’instruction sous Napoléon Ier, la directive de Poilley

Pour asseoir son autorité, Napoléon 1er se préoccupe de créer un corps enseignant homogène et obéissant à une direction unique. C’est principalement dans cet esprit que l’Université de France voit le jour, par le décret du 17 mars 1808.

L’enseignement public par tout l’Empire est confié exclusivement à l’Université.

Toute création d’école, hors les séminaires, est soumis à l’autorisation impériale, avec un personnel enseignant membre de l’Université impériale.

Dans chaque académie, créée dans chaque région de cours d’appel, l’enseignement est composé de :

  • une faculté
  • -des lycées
  • des collèges et institutions
  • de pensions ; pensionnats appartenant à des maîtres, dont l’enseignement est inférieur aux institutions
  • les petites écoles ou écoles primaires,. C’est là que ce fait l’apprentissage de la lecture, l’écriture et les bases du calcul.

Toutes les écoles doivent s’appuyer pour enseigner :

  • sur les préceptes de la religion catholique
  • la fidélité à l’Empereur et au respect de la famille impériale
  • l’obéissance au statut du corps enseignant

L’Université impériale a, à sa tête, le grand maître (équivalent à l’actuel ministre de l’Éducation Nationale).

PO_educ_Universite_imperiale_AD_Marne

 

Cette organisation pyramidale et rigoureuse se reflète dans le courrier adressé à la commune de Poilley en 1813 par le recteur de l’Académie de Caen. Il fait certainement suite à une demande d’autorisation d’enseigner par l’instituteur déjà en place. 

Le Recteur de l’académie de Caen

à Monsieur le Maire de Poilley

Monsieur

Conformément aux ordres de son excellence Le grand Maître , aucun instituteur primaire ne pourra continuer ses fonctions sans avoir obtenu une autorisation définitive ou provisoire du grand maître ou de moi. Chaque instituteur devra faire enregistrer son autorisation au secrétariat de la mairie. Et ce n’est qu’après avoir rempli cette formalité, qu’il pourra tenir école publique, et jouir des droits attachés à sa fonction. En conséquence, je vous envoie, Monsieur, une autorisation pour l’instituteur de votre commune dont la demande m’a paru pouvoir être admise, je vous prie de la lui remettre, et de ne permettre qu’aucun individu non autorisé par moi tienne école dans votre commune.

Je vous prie également de faire défendre aux institutrices de recevoir dans leurs écoles des enfants du sexe masculin, et de me faire connaître celles qui n’obéissent pas à vos ordres.

Si quelque instituteur s’écartait des limites qui lui sont prescrites, je compte que vous voudriez bien aussi m’en donner avis.

Recevez, Monsieur, l’assurance de ma considération distinguée.

Signé : Alexandre

________________________________________________________

Académie de Caen,
Université impériale

 

Le recteur de l’académie impériale de Caen,

vu la demande formée par le Sieur Bouffaré Pierre, né à Céaux le 18 mars 1773, département de la Manche, âgé de 40 ans

vu les certificats de bonne conduite et de la capacité qu’il a produite,

vu que depuis 17 ans il rempli les fonctions d’instituteur primaire dans la commune de Poilley

autorise provisoirement le dit Sieur Bouffaré à continuer ses fonctions.

Caen, le 8 septembre 1813

signé : Alexandre

_____________________________________________________________________

PO_educ_Bouffare_signaturePierre BOUFFARE est instituteur à Poilley de 1796 à 1842. Né à Céaux le 18 mars 1773, il décède le 9 juillet 1842 à Poilley.
Il est souvent cité comme témoin sur les actes d’État civil, en particulier lors des naissances.
____________________________________________________________________

La directive se poursuit par le « nota »

Nota : 

L’enseignement autorisé dans les écoles primaires se réduit à la lecture, l’écriture et aux premières notions du calcul.

Tout instituteur qui se permettrait d’excéder les limites qui lui sont prescrites, serait suspendu de ses fonctions, son école serait fermée de suite, et il serait pourvu à son remplacement.PO_educ_Abcdaire_1813
L’inconduite d’un instituteur entraînerait également la fermeture de son école aux termes d’une décision de son excellence le grand maître.
En date du 12 septembre 1810, aucun élève ne peut être conservé ni admis dans une école publique s’il ne justifie, par un certificat en bonne forme, qu’il a eu la petite vérole, ou qu’il a été vacciné ou inoculé. L’autorisation serait retirée à tout instituteur qui négligerait de faire exécuter cette mesure.
Il est également défendu aux instituteurs primaires d’admettre des filles dans leurs écoles.
Aux termes d’une décision du conseil de l’université, il ne peut être établi de pensionnat dans une maison dont le chef n’aurait pas obtenu une autorisation du grand maître.
En conséquence, et d’après les ordres de son excellence, tout chef d’école primaire qui a des pensionnaires ou des demi-pensionnaires doit adresser au Recteur de son académie, dans le délai d’un mois, une demande tendant à obtenir l’autorisation mentionnée ci-dessus.
Ceux qui sont dans ce cas, sont prévenus qu’ils seront tenus d’acquitter la rétribution universitaire pour leurs élèves, pensionnaires et demi-pensionnaires. Cette distribution est le (..e???) du prix de la pension. Dans tous les cas, elle ne peut être en dessous de 15 francs. Ils devront, en outre, acquitter le droit annuel de maître de pension qui est de 50 francs par an.
Tout chef d’école primaire qui ne serait pas mis en règle dans le délai prescrit, devra renvoyer les pensionnaires. S’il ne le faisait pas, il serait signalé au procureur impérial qui ferait fermer son école.

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