La mobilisation dans le canton de Ducey en 1914

Le samedi 1er août 1914

ordre-de-mobilisation-generale

Le 1er août 1914, en milieu d’après-midi, le tocsin alerte la population française. Par affiche, le Président de la République ordonne la mobilisation générale. Les ministres de la Guerre et de la Marine sont chargés d’appliquer le décret.et mettent en oeuvre les mesures nécessaires à cette mobilisation.

L’affiche d’un modèle imprimé en 1904, est complétée de la date effective, puis placardée par la gendarmerie.

Chaque réserviste sait, en consultant son livret individuel de mobilisation, le lieu et jour auxquels il doit répondre à l’appel.

La mobilisation à Marcilly

Le 1er août, 6 heures du soir à Marcilly « Le tocsin sonne, le tambour bat…Les autorités quittent la mairie aux accents vibrants de « Haut les cœurs ! Vive la France ! ».

La mobilisation est annoncée et la nouvelle, quoiqu’attendue depuis plusieurs jours, provoque une consternation générale, puis on se ressaisit et les hommes, calmes et résolus, se préparent à accomplir leur devoir, pendant que les femmes, à grande peine, retiennent leurs larmes.

L’un des jeunes gens, mobilisable à la première heure, Louis POULAIN, va lui-même aider à sonner le tocsin et déclarant « Si je ne reviens pas, vous saurez que je n’ai pas eu peur et que j’ai moi-même sonné mon glas ». Le dimanche 2 août, au moment de son départ, il ajoute : « Nous allons nous faire tuer, mais vous nous devrez la liberté et la vie », et part avec ses camarades, en chantant la Marseillaise. Le malheureux POULAIN est tombé au champ d’honneur, mort de ses blessures, en Allemagne. Il avait 25 ans.

« Le 3 août, et jours suivants, la mobilisation continue. Le roulement continu des voitures réquisitionnées, le pas des chevaux sur la route, le passage ininterrompu des trains transportant troupes, matériel et munitions remplit tous les cœurs d’une émotion indescriptible. Toute la mobilisation s’est effectuée dans les meilleures conditions [1] ».

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La population se mobilise en hiver 1914 -1915

Les mairies de la Manche reçoivent des circulaires préfectorales demandant de « prendre des mesures utiles pour assurer la rentrée puis le battage des moissons et sauvegarder les récoltes futures ». Les ports abondent d’inscrits maritimes dont la marine ne sait que faire : « 40 000 marins de trop » déplorent les autorités. Cinq mille d’entre eux seront affectés aux moissons.

La population locale n’a pas d’autre choix que de s’accoutumer à l’absence des hommes partis au front. Les maires multiplient les initiatives pour organiser les récoltes. La préfecture et les communes doivent lutter contre les hausses de prix non justifiées. Des maires sont mobilisés comme le maire de Pontaubault, Armand BLIER, qui ne reviendra pas. Il succombera à Boesinghe, le 5 Novembre 1914. Le 29 août, les notaires de Ducey LECACHEUX et TISON sont mobilisés, des remplaçants sont nommés.

Le 30 août, les anciens combattants de 1870 se réunissent comme le signale un article paru dans l’Avranchin du 29 août 1914.

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Les quêtes s’organisent…

La presse l’Avranchin, en date du 29 septembre 1914, indique qu’une quête pour les soldats a été organisée par le curé de Juilley, dans son église afin de leur procurer des vêtements chauds. 191,50 frs ont été récoltés. Avec cette somme 16 caleçons, 8 tricots, 12 cache-nez, 24 chemises en flanelle, 12 mouchoirs et 2 paries de chaussettes ont été remis à la gendarmerie d’Avranches.

Mme AUPINEL institutrice à Céaux, fait une quête pour les tricots des soldats. Elle a recueilli 215 frs employés à l’achat de chandails, chemises, ceintures de flanelle, chaussettes de laine, caleçons. Le tout a été remis à la gendarmerie de Ducey.

Les 4 et 11 octobre, une quête faite dans la commune de Marcilly par Mme PACARY institutrice et plusieurs jeunes filles, a produit 54 francs, convertis en achat de laine à tricoter avec laquelle les habitants ont confectionné des vêtements chauds pour les soldats : 26 paires de chaussettes, 5 cache-nez, 4 chandails, 4 paires de gants, 2 passe-montagnes.

Des travaux sont exécutés par les élèves de l’école et quelques personnes de la bourgade : Mme et Melle MORIN, Mmes PLE, PINEL Augustine, LEVESQUE. CHERENCE.

Par lettre, le commandement de recrutement de l’arméee, basé à Granville, remercie au nom de « nos vaillants soldats »  la commune pour ces dons généreux.

Une autre quête organisée sur la proposition de M. DUCLOS, instituteur, et faite par les jeunes filles de la commune, a permis de faire un envoi de vêtement de 600 francs environ.

Les autres communes du canton organisent également des actions semblables.
• Le 24 octobre une quête est organisée pour l’envoi de vêtements aux soldats à Juilley et à Céaux.
• Le 5 décembre 1914, c’est au tour des communes de Poilley et de Saint-Quentin-sur-le-Homme pour l’envoi de vêtements.

Dans les esprits, la guerre sera courte et la solidarité est importante mais la population est loin d’imaginer qu’elle va durer quatre années interminables …

[1] La Vue à Marcilly de 1914 à 1916. Revue de l’Avranchin, n°78, décembre 2001.
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