Alphonse LENOIR, maire de Saint-Quentin-sur-le-Homme (3)

Vers partie 1 / Vers partie 2

L’après Saint-Quentin-sur-le-Homme

La Villa Primavera ou Villa du Sphinx

B4_Villa_Primavera_Sphynx _petit (FILEminimizer)Construite en bordure de l’actuelle route nationale 564, au lieu-dit la Moyenne Corniche au Cap d’Aïl, la Villa Primavera domine la baie de Monaco.
Dès mai 1911, Alphonse Lenoir commence l’achat des divers terrains, en particulier celui du curé du village et une parcelle acquise par Mata-Hari.

Dans Mata-Hari, sa véritable histoire, (Plon, 2003), Phillipe Collas indique, qu’en 1904, Mata Hari ne rêve que retraite, vie bourgeoise au côté de son amant, le prussien Alfred Kiepert. Le couple achète même un terrain au Cap d’Aïl pour se faire construire une maison. Mais les aléas de la vie de Mata Hari empêchent l’aboutissement du projet. Le terrain est revendu aux Lenoir.
Dans cette biographie, à aucun moment, il n’est question d’une liaison entre Pierre Lenoir et Mata Hari. Il semble donc que ce soit à cause de l’achat/vente de ce terrain qu’on attribue à tort une liaison entre la sulfureuse danseuse et Pierre Lenoir. Il en est de même pour l’appellation de Villa Mata Hari donnée parfois à la Villa Primavera.

Pour cette réalisation, Alphonse Lenoir fait appel à l’architecte Arthur Demerlé (1868-1953) et au décorateur Jules Wielhorski. D’après la date inscrite sur la façade, les travaux débutent en 1911. Au moment de la déclaration de guerre, en 1914, le décorateur est toujours au travail.
La base Mérimée du Ministère de la culture donne une description succincte de cette construction :

La villa a un plan symétrique avec un corps principal en croix, des ailes désaxées et des élévations ordonnancées. La façade sud est axée sur un avant-corps semi-circulaire avec un portique et une loggia à colonnes couverte par une terrasse d’agrément. Les façades ouest et est du corps central ont des bow-windows symétriques. La façade nord où est située l’entrée, est axée sur un avant-corps avec un porche dorique. La porte d’entrée est en fer forgé. Le second étage de soubassement abrite un portique et une fausse grotte ; le premier, les communs, éclairés au nord par une cour à l’anglaise. Ces deux niveaux sont desservis depuis le rez-de-chaussée surélevé par un escalier de service tournant avec jour. L’entrée principale, au rez-de-chaussée, ouvrait sur un hall anglais avec un escalier principal, éclairé par une verrière (supprimée). Ce hall est axé sur un salon avec une loggia, encadré d’une salle à manger et d’une bibliothèque. Les ailes abritent une lingerie et une chambre avec salle de bains. Le mobilier était conçu dans un style néo-grec (disparu). L’étage abrite quatre chambres avec salles de bains. Les deux portails sont formés de colonnes ioniques surmontées de vases et de sphinx, inspirées de la colonne des Naxiens. Le jardin, au sud, est agrémenté d’une pergola circulaire et d’une fontaine (disparues). Un bâtiment de communs avec garages est situé de l’autre côté de la route.

Pour en savoir plus sur la Villa Primavera, nous vous renvoyons au compte-rendu du colloque « La Grèce antique dans la littérature et les arts, de la belle époque aux années trente » (Paris, diffusion de Boccard, 2013) par Henri Lavagne et surtout au tome quatre-vingt-douze de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, (Paris 2013), Monuments et Mémoires de la Fondation Eugène Piot, La Villa Primavera à Cap d’Aïl (1911-1914) également par Henri Lavagne. (Monuments Piot)

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L’année 1915

En début d’année, un petit article de presse retient l’attention. La guerre fait rage, c’est l’hécatombe parmi les soldats. Alphonse Lenoir publie, en mars 1915, dans le journal Le Gaulois un poème à la gloire des soldats.

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Curieux poème quand on sait que l’auteur sera accusé, plus tard, par certains, d’avoir été l’instigateur, début 1915, de démarches auprès des Allemands pour le rachat du quotidien Le Journal. Ces démarches seront poursuivies par son fils Pierre, ce qui mènera ce dernier devant le Tribunal Militaire.

Atteint d’une longue maladie, Alphonse Lenoir officier de la légion d’honneur fils de Lenoir Paul et de Maillard Éléonore époux de Huvet Marguerite décède le 3 août 1915, en son domicile section de Hennequeville en cette commune de Trouville.(extrait acte de décès)

Le 7 août 1915, a eu lieu en la chapelle du Père Lachaise, les obsèques de notre très regretté ami Alphonse Lenoir, en présence d’une assistance nombreuse et émue. Depuis plus de trente ans, M. Alphonse Lenoir appartenait au monde de la politique et de la finance tous ceux qui l’avaient approché avaient pu apprécier sa haute intelligence et son dévouement sans cesse en éveil. Ils ont tenu à lui rendre un dernier hommage (journal Le Gaulois, N° 13812, Gallica BnF).

Alphonse Lenoir est inhumé dans le tombeau familial au Père Lachaise.

L’année 1915 est également le début de l’affaire Pierre Lenoir. Mêlé au rachat du quotidien Le Journal, Pierre Lenoir est, à partir de 1917, accusé par le Tribunal militaire de complot avec l’ennemi. Condamné à mort, il est fusillé en 1919. (Un article, sur ce blog, sera ultérieurement consacré à affaire)

Que devient la Villa Primavera ?

Un article du journal L’Avranchin, en date du 27 octobre 1917, indique qu’Alphonse Lenoir n’aurait laissé qu’une succession largement inférieure à 10 millions de francs. Considéré, en 1914, comme un des hommes les plus riches de Paris, avec une fortune estimée, à 34 millions de francs-or, il semblerait que la construction de la Villa ait largement entamé ses avoirs.
Est-ce dans le but de consolider ses finances qu’Alphonse Lenoir initie les transactions du rachat du Journal dont le montant demandé est de plus de 10 millions de francs ?

En juillet 1919, vers la fin du procès de son fils Pierre, Mme Alphonse Lenoir vend la propriété à Alice Blum, épouse d’un homme d’affaires américain, F. Blum. (voir compte-rendu du colloque « La Grèce antique dans la littérature et les arts, de la belle époque aux années trente « )
Après de nombreuses affectations, en 1952, la villa est divisée, les cages d’escalier sont fermées, les murs recouverts d’enduit …
Il faut attendre les années 2000 à 2009, pour qu’une restauration, réalisée par les propriétaires, redonne sa splendeur à ce joyau du début du XXème siècle.

Madame Alphonse Lenoir

En 1930, Madame Alphonse Lenoir, habitant 167, Bld Carnot à Nice, achète une propriété La Florida à la veuve d’Eugène Henri Berg, Pauline Porna, pour trois cent cinquante mille francs. Cette propriété est située dans le quartier de la Lanterne-Caucade, à Nice, quartier assez isolé, destiné aux fleurs.
Par acte de donation, en date du 8 octobre 1932, elle cède l’ensemble comprenant une villa de maître, un pavillon pour garage, une conciergerie et des bâtiments agricoles, sur un terrain de dix mille mètres carrés. Le but de cette donation est l’établissement d’un centre d’accueil destiné aux « jeunes en danger moral ». (Archives départementales des Alpes-Maritimes, 4O93)

Le centre accueille des jeunes délinquants en danger moral de 12 à 18 ans et des mineurs de même âge hérédo-syphilitiques.

L’hérédo-syphilis, désignait autrefois la syphilis congénitale, qu’on pensait alors héréditaire, transmise sans nécessité de contamination, d’un parent malade à ses enfants.On pensait alors que les maladies vénériennes étaient capables de se transmettre héréditairement et d’abâtardir ainsi toutes descendances futures sans espoir de guérison.
On sait aujourd’hui que la syphilis congénitale n’est pas héréditaire, mais qu’elle est due à une contamination, à travers la barrière placentaire, de la mère malade au fœtus qu’elle porte, à la fin de la grossesse. (référence Wikipédia)

Pouvant recevoir 32 garçons, le centre est reconnu d’utilité publique en 1935.
En 1940, le Ministère de la Justice en réalise sa description dans son Répertoire des Œuvres privées habilitées à recevoir des mineurs délinquants (Imprimerie administrative, Melun, 1940.)

(Cliquer sur l’image pour une meilleure lecture)

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Le conseil d’administration est présidé par Madame Lenoir, assistée du docteur Vital-Revel.
Cet établissement existe toujours mais a complètement oublié ses origines. Il s’appelle aujourd’hui La Luerna, 243, avenue de la Lanterne.

Une deuxième donation est réalisée lors du décès de Madame Alphonse Lenoir en mars 1954. Elle concerne sa villa sise au début du Boulevard du Mont-Boron, ce qui correspond au 167, Boulevard Carnot, à Nice. Elle est léguée à la fondation des Architectes. Là encore, avec le temps, cette donation est détournée de l’objectif originel. (réf : descendance de Mme Lenoir)

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Remarques sur les donations

Par ces donations, Madame Lenoir souligne des événements de sa vie qui l’ont marquées profondément.
La première, concernant le Foyer de l’Adolescence en Danger Moral, est certainement la conséquence de la vie et de la fin de son fils Pierre, opiomane, sous tutelle financière, entraîné dans une affaire qui le dépasse. Madame Lenoir a du souffrir de le voir glisser sur une pente fatale.
Ce qui est particulier, c’est que ce centre accueille également des hérédo-syphilitiques. Est-ce un souhait du docteur Vital-Revel, l’assistant de Mme Lenoir pour la direction de l’établissement ?

La deuxième donation est plus singulière : elle touche les architectes.
Doit-on y voir un souvenir du milieu familial de son mari ? De son mari lui-même, architecte lorsqu’ils se sont mariés ?
Ou, est-ce plutôt un remerciement, mêlé de regrets, au sujet de la Villa Primavera, remerciement aux concepteurs et regret de ne pas y avoir vécu ?

Pour en savoir plus sur la généalogie  Lenoir cliquer sur ce lien :
Vers Généalogie Lenoir

Les activités d’Alphonse Lenoir

Sans nier l’aisance financière de son père Paul Lenoir, architecte reconnu, il ne faut pas oublier que la famille avait de nombreux enfants. Sa position d’aîné au sein de la fratrie n’explique pas la fortune acquise par Alphonse Lenoir. Pour rappel, ces biens sont estimés à 34 millions de francs-or en 1914.
Quelles étaient les activités qui ont permis à ce publiciste de s’enrichir de la sorte ?
Pour le comprendre, il faut savoir que le monde de la presse au XIXème siècle et début du XXème est différent de celui que nous connaissons aujourd’hui.
Extrêmement fragmentée et pluridisciplinaire, la presse est introduite dans toutes les couches de la société française. En 1880, 60 journaux sont édités représentant un tirage de près de 2 millions d’exemplaires. Les titres politiques connaissent un essor extraordinaire : plus de 172 % de variation entre 1865 et 1879, et plus de 98 % pour les titres économiques et financiers.
Financés par les banques, les journaux économiques se lient de plus en plus étroitement avec les objectifs des banquiers, ce mouvement s’accélérant vers la fin du XIXème siècle.
La grande liberté de concurrence accordée aux journaux les fragilisent. Vendus à bas prix, ils ne sont pas rentables, ce qui les rend vulnérables à la corruption et à la vénalité.
Grâce à leurs fonds secrets, l’État et les dirigeants agissent par l’intermédiaire de la presse sur la vie économique, financière et politique. Il suffit de payer les journaux.
Le triangle Presse-Banque-Politique en place peut agir sur l’opinion publique à sa guise. (pour en savoir plus : French-Presse de B. Amann)
C’est dans ce milieu qu’agit Alphonse Lenoir. Tout d’abord, travaillant pour Batiau, chargé de la publicité du Crédit Lyonnais, et pour Edouard Cahen, directeur du Journal des Travaux Publics, Alphonse Lenoir crée, avec Léon Rénier, son propre groupe d’influence vers 1900.
Son curriculum vitae présenté pour l’obtention de la Légion d’Honneur est à l’image de ces activités lucratives. Membre influent au sein des journaux cités, il est également bien en place dans les milieux politiques et bancaires : il est au centre du triangle Presse-Banque-Politique.

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Il est à noter que ce triangle se retrouve le jour du mariage de son fils Pierre :

  • La presse : représentée par Alphonse Lenoir, du côté de l’époux
  • La banque : représentée par la famille Flersheim, du côté de l’épouse
  • La politique : représentée par Clemenceau, du côté des témoins

L’activité d’Alphonse Lenoir ne se résume pas au seul soutien d’émissions d’emprunts, de placements financiers ou autres montages bancaires, se traduisant , entre autre, par la distribution d’enveloppes et chèques. Achetant l’impartialité des journaux, il est l’intermédiaire-rétributeur entre les commanditaires et la presse.
Alphonse Lenoir a également un rôle prépondérant dans les activités politiques. Son influence sur les journaux lui permet d’agir pour les gouvernements en place. C’est à lui que l’on confie les campagnes de dénigrement contre tel ou tel homme politique ou financier ou contre certains états.
Sa longévité au sein des instances politiques et la connaissance des dirigeants en fait un homme clé.

Introduit dans les ministères, en particulier aux Finances, Alphonse Lenoir agit pour les plus hautes instances. Il y côtoie Clemenceau, Caillaux, Poincaré …

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J. Caillaux

Joseph Caillaux, (voir fiche du sénat), plusieurs fois à la tête des finances s’appuiera beaucoup sur lui. Plus tard, l’homme politique décrit Alphonse Lenoir dans son livre déjà cité, Devant l’Histoire, mes Prisons :

À partir de cette date, mars 1907, et tant que je fus au gouvernement, je reçus fréquemment M. Lenoir dont j’eus l’occasion d’apprécier grandement les services. Il informait précieusement des mouvements du marché, des possibilités de placement des valeurs du Trésor. Il était au courant de tout ce qui se passait, de tout ce qui se projetait dans le monde des affaires et du journalisme. En deux mots, il était un remarquable agent de renseignements et un intermédiaire très utile tant auprès des banques et des sociétés de crédit que des gens de presse. Je l’employai fréquemment aussi bien quand je fus président du Conseil que pendant mes passages au ministère des Finances. Je restai tout naturellement en relations avec lui quand je ne fus plus au pouvoir.
Il était d’ailleurs lié avec un grand nombre d’hommes politiques, non seulement avec les anciens ministres des Finances comme moi dont il avait été le subordonné, mais avec beaucoup d’autres qui avaient eu des occasions ou des raisons de le connaître…
…Nos rapports fraîchirent à partir de 1914.
C’est sans doute à la déconvenue (pour l’attribution de la cravate de commandeur de la Légion d’honneur) que subit Lenoir qu’il faut attribuer les propos amers qu’il eut sur mon compte depuis cette date et dont certains fragments de ses Mémoires pendant la guerre, publiés par « Le Cri de Paris », portent trace. Le courtier de publicité y apprécie souverainement les hommes et les choses ; il y déclare, après avoir rendu compte de la façon la plus fantaisiste de la dernière conversation que nous eûmes en août 1914, que je suis un homme surfait, que mon orgueil efface toutes les qualités que je pourrais avoir, etc… En revanche, il proclame sa plus vive admiration pour M. Clemenceau, « dans l’intimité duquel il vivait », dit « Le Cri de Paris ».(numéro du 30 novembre 1919). Appréciation confirmée par ces « souvenirs » où Lenoir relate les visites presque quotidiennes qu’il faisait rue Franklin (où travaillait Clemenceau), rapporte les confidences qu’il y a recueillies sur les sujets les plus graves, les négociations politiques qu’il a menées pour le compte de l’homme d’État dont il indique qu’il administrait le journal ! Rien là qui puisse surprendre aucun de ceux qui savent les dessous de ce monde.
Ceux-là n’ignoraient pas que c’est sous l’« égide » de Lenoir que l »Homme Libre » (journal de Clemenceau) avait vu le jour, que, pour l’alimenter, l’agent de publicité s’en était réservé le bulletin financier qui lui valait, en sus de la publicité normale, une « hors part » dans l’exceptionnelle distribution de fonds à laquelle le gouvernement ottoman procéda en 1913-1914 par l’intermédiaire de M. Renier. Je me suis laissé dire qu’on aurait des précisions encore plus intéressantes sur les méthodes mises en oeuvre par Lenoir pour réaliser l’équilibre budgétaire du journal de M. Clemenceau, sur les sacrifices qu’il était disposé à s’imposer personnellement pour y subvenir, si les « souvenirs pendant la guerre » avaient été intégralement publiés. N’a-t-on pas tronqué le récit de la visite du courtier de publicité, rue Franklin, le 7 août 1914 ? N’a-t-on pas omis les comptes rendus des entretiens du 8 et du 11 août ? La situation de « L’Homme Libre », qui allait devenir « L’Homme Enchaîné », n’y fut-elle pas débattue? M. Clemenceau n’y déclara-t-il pas qu’il ne pouvait être question de lui réduire son traitement de trois mille francs par mois ? Lenoir ne lui exposa-t-il pas la difficulté où il était d’obtenir de l’argent des banques et ne conclut-il pas en lui promettant pour son journal seulement 5.000 francs par mois, qu’il n’était pas sûr de trouver et qu’il serait peut-être obligé de payer « personnellement » ? Aisé de s’expliquer maintenant comment, sans la censure, les murs de Paris auraient été, en 1917, tapissés d’affiches contre M. Clemenceau qui auraient porté comme titre : « De Cornélius Herc à Rosenberg en passant par Lenoir »! Mais j’ai déjà indiqué que jamais je ne m’abaisserais à employer certaines armes contre mes adversaires. Quand bien même les mémoires de Lenoir, dont il se peut que quelques feuilles se soient envolées, relateraient les conversations d’affaires qu’on m’a susurrées à l’oreille, on ne serait en droit d’en conclure qu’une chose, c’est que l’agent de publicité du ministère des Finances comptait parmi les amis dévoués auxquels M. Clemenceau avait dû faire appel pour soutenir son journal. Comme toutes les feuilles d’opinion, « L’Homme Libre » ne pouvait vivre sans des concours.

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Clemenceau

Pour s’en procurer de ci, de là, l’homme d’État a utilisé un personnage qu’il n’avait nulle raison de tenir en suspicion, qui, pour reprendre l’expression du « Cri de Paris », vivait dans son intimité. Cette appréciation est, au surplus, si exacte que M. Michel Clemenceau fut un des témoins du mariage de Pierre Lenoir, ni M. Clemenceau ni son fils ne pouvaient se douter de ce qui adviendrait à cet infortuné.

Un peu plus loin Caillaux rapporte une conversation, en 1915, entre Poincaré, Humbert et Bunau-Varilla :

… « Il est donc très riche ce Lenoir » disait au même moment M. Poincaré, qui avait invité à dîner MM. Bunau-Varilla et Charles Humbert dans le but de s’informer et de rapprocher les deux directeurs de journaux.
 » II passe pour avoir trente millions », aurait répondu Bunau-Varilla. Sauf différence de chiffres, l’opinion de M. Bunau-Varilla était celle du tout-Paris qui se dit et se croit informé. J’aurais moi-même gagé — et j’ai pu l’avancer quelques années plus tard — que la fortune d’Alphonse Lenoir, dont je savais que, certaines années, il avait réalisé plus d’un million de gains, n’était pas loin d’atteindre quinze ou vingt millions…

Homme d’action, ami de Clémenceau, Alphonse Lenoir sait se faire rétribuer !

À suivre (4) 

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