Les Maufras de Crollon (3)

La descendance d’Avranches
ou de Maufras à Bergevin

André Maufras, fils de Jacques Maufras et de Jacqueline Brisbarre, succède certainement à son père sur la terre de la Lamberdière car il est le premier des Maufras à ajouter le nom de la propriété à son nom : la Lamberdière. Il devient André Maufras Lamberdière.

Il se marie avec Anne Aumont. Le couple a au moins quatre enfants :

  • Thomas, né en 1706
  • Jean, né en 1709
  • René, né en 1712
  • Jacques, né en 1713

André et sa femme Anne, décédés respectivement en 1714 et 1747, sont inhumés dans l’église de Crollon, ainsi que leur fils Jacques, décédé en 1731.

Des quatre fils du couple, André et Anne, seul Thomas atteint l’âge de se marier, les trois autres sont décédés jeunes.

Thomas Maufras Lamberdière épouse, en 1735, à Avranches, Marie Françoise Lebourgeois. Elle est la fille de Michel Lebourgeois et de Françoise Grignat, du Mont Saint-Michel.

Les enfants de Thomas sont tenus sur les fonds baptismaux par des personnalités : Noble homme Gilles Angot, écuyer, sieur de La Bretèche, Mademoiselle Françoise Renault, femme de Laurent Grignard, Sieur de la Couture, Conseiller du Roy, lieutenant en l’élection d’Avranches …

Thomas décède en 1741, à 34 ans. Comme ses parents, il est inhumé dans l’église de Crollon. Il laisse deux enfants en bas âge : Gilles, né en 1738, et Marie, née en 1739.

Sa femme, Françoise, se remarie en 1744, avec Maitre Robert Hamel, notaire royal à Pontorson. Gilles est le seul héritier Maufras lors du décès de sa mère, vers 1770.

Gilles Maufras Lamberdière

Gilles se marie à Avranches, en 1759, avec Marie Autin, fille de Robert Autin et Perrine Quinton, bourgeois d’Avranches. Il est alors domicilié à Pontorson. Les six premiers enfants du couple naissent à Avranches, soit dans la paroisse Saint-Gervais, soit dans la paroisse Notre-Dame-des-Champs. Les deux derniers enfants naissent à Crollon, au village de la Lamberdière.

Gilles Maufras est, vraisemblablement, l’objet d’une lettre de cachet en 1779.

Une lettre de cachet (aussi appelée lettre close ou lettre fermée) est, sous l’Ancien Régime en France, une lettre servant à la transmission d’un ordre du roi, permettant par exemple l’incarcération sans jugement, l’exil ou encore l’internement de personnes jugées indésirables par le pouvoir.(Wikipedia)

Deux documents confortent cette idée.

● L’un est un compte de tutelle en date du 18 août 1779. Les enfants de Gilles Maufras y déclarent que leur père s’étant absenté en l’année 1799, leur famille s’assembla et leur donna pour tuteur François Maufras.
Divers tuteurs se succèdent. La levée de tutelle est prononcée le 10 pluviôse AN V (29 janvier 1797), lorsque les enfants apprennent le décès de Gilles Maufras. (réf, document archives familiales privées).

● L’autre est une procédure contre Maufras Lamberdière (le prénom n’est pas inscrit), originaire d’auprès Avranches. Maufras y est l’objet d’une lettre de cachet, signée du roi et en date du 11 janvier 1776. Il est enfermé à Armentières, à la maison de force des Bons Fils, pour cause d’inconduite. La requête est signée de la famille de Gilles Maufras.

La prison des Bons-Fils

Extrait de L’état des prisons du Nord dans les premières années de la Révolution.(Gallica , BnF)

1790-1791 Plusieurs enquêtes sur l’état des prisons sont diligentées dans le département du Nord (qui vient d’être formé) par les comités de l’Assemblée constituante (comités des lettres de cachet, d’extinction de la mendicité, de législation criminelle)…

Concernant Armentières, il est écrit :

… Les Bons-Fils d’Armentières, établissement « parfaitement disposé pour l’objet de sa destination », prison saine et sûre, confortable même, où dix-huit frères encadrent deux cents prisonniers bien nourris et traités, « furieux ou insensés », ou encore « resserrés pour cause de libertinage », plus quelques « criminels », chacun payant, en moyenne, une pension de 300 livres

Pierre Maufras (1760 – 1837), fils de Gilles et Elisabeth Autin, devient huissier de Justice à Avranches. Il habite rue 4 Œufs.

Il a 3 fils de son épouse et cousine Louise Debroize :

  • 1) François Pierre Ursin
  • 2) Pierre Urbain
  • 3) Frédéric César

1 ) François Pierre Ursin Maufras (1802-1871)

Avocat, célibataire, il hérite de la terre de la Lamberdière. Par ses qualités et ses idées politiques, il devient gérant des propriétés de plusieurs grandes familles de l’Avranchin. D’aspect austère, il fréquente néanmoins les salons mondains.

Ardent légitimiste, la Révolution de 1830 lui cause quelques ennuis.

2 ) Pierre Urbain (1805-1885)

Propriétaire, célibataire, il hérite de la terre de Glatigny en St-Loup, de la maison rue 4 Œufs et autres petites rentes.

Ayant fait des études de droit, il est employé chez un notaire puis à la perception de Ponts-sous-Avranches. Mais très vite, il abandonne tout emploi pour rester auprès de sa mère.

D’une charité proverbiale, il fait l’aumône à tous les pauvres d’Avranches. Ses revenus sont en majorité consacrés à soulager la misère.

3 ) Frédéric César (1808-1881)

Marié à Catherine Leroux, il hérite de la maison des Bouchers à Avranches, de la terre de la Bavière et de Brèe au Tanis.

Il fait sa carrière dans les Postes où il est muté, au gré de ses avancements, dans différentes villes : Châlons-sur-Marne, Reims, Landerneau, Pont-L’Évêque…

Sa mauvaise vue l’oblige à prendre une retraite anticipée.

Le couple a un fils : Henri Frédéric Pierre Maufras.

 

Henri Frédéric Pierre Maufras (1839-1918).

Propriétaire, il se marie avec Marie Turgot, issue d’une vieille famille de Montviron (Manche).

Angèle Marie Catherine, naît au sein du foyer, en 1871, rue des Chapeliers, à Avranches.

Angèle se marie en juin 1892 avec Félix Seguin. Félix habite au domicile de son père, rue du Dragon, Paris VIème, lors de son mariage. Il est, à cette époque, attaché au ministère des finances.

De leur union naît Marie-Jeanne.

Angèle Maufras, la mère, décède en 1901, à vingt-neuf ans.

Félix Seguin est promu Officier de la Légion d’Honneur, en 1926. Il occupe les fonctions de sous-directeur au ministère de l’Instruction Publique et des Beaux-Arts.

Sa fille, Marie-Jeanne Seguin épouse, en 1916, Albert Bergevin, peintre réputé d’Avranches.

Les thèmes de prédilection de Bergevin sont les jardins, les vues et marchés d’Avranches, les scènes de cirque et de carnaval ou encore quelques natures mortes. Ses toiles ont une incontestable portée documentaire évoquant la vie de sa région.

(Vers site spécialisé Bergevin)

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