Les Maufras, de Crollon (1)

Dans cet article, il n’est pas question de réaliser une généalogie complète, mais de suivre l’évolution de la famille Maufras, issue d’un de nos villages.
C’est à la fois, une mutation du nom, une dispersion géographie des membres et une transformation sociale.
Le parcours, développé ici, de quelques uns des descendants atteste de ces changements.
(pour une généalogie plus complète voir : GeneaVitheque)

En sortant du bourg de Crollon, par la route de Servon, une porte plein cintre, condamnée, révèle l’ancienneté de l’habitat.

lamberdiere_cadastre

L’étymologie de l’endroit, la Lamberdière, indique que ce lieu a été la propriété, la maison des Lamberd. Or, les linteaux de la façade de cette propriété privée sont signés par ceux qui ont laissé le plus de traces : les Maufras.

Lamberdiere_ancienne_porte

Les linteaux en façade

Le linteau de la porte d’entrée d’une ancienne habitation

linteau_horizontal

Sur la même porte, un beau linteau, en réemploi en jambage, paraît provenir de la maison d’un prêtre.

linteau_jambage

linteau du jambage, présenté en position horizontale.

Dès la fin du XIIe siècle, ce nom, Maufras, est attesté sous la forme Malfras dans les Rôles de l’Échiquier de Normandie. Près de Coutances, une sergenterie porte ce nom, la sergenterie Maufras, citée dès 1612. (voir : sergenterie Maufras, WikiManche).

C’est également, en 1612, que la première mention des Maufras dans les registres paroissiaux du canton de Ducey apparaît. Le curé de Précey fulmine une excommunication contre Nicolas Escolasse, Charles Bioling(?), Demoiselle Françoise Duguey et Guillaume Maufras de Crollon. Aucune explication complémentaire n’est ajoutée.

Fulminer : lancer une condamnation dans les formes prévues. Formuler avec véhémence. Fulminer une excommunication. (Dic. Robert, Alain Ray)

La deuxième mention date du 22 février 1628. Jacques Maufras, de Crollon, épouse Jeanne Potel(?), de Précey, en l’église de Précey. Né en 1610, à Précey, il serait le fils de Guillaume Maufras. (réf : Claude Guibert de la Tour, généalogie Les GUIBERT DE LA TOUR).

Puis, divers actes de mariages ou d’inhumations de Maufras parsèment les registres. Mais ces informations, trop parcellaires, ne permettent pas de les relier entre elles.

Dans l’église de Crollon, une dalle funéraire, disparue aujourd’hui suite aux diverses rénovations, indiquait la sépulture de Julien Maufras, prêtre et de son frère André, avec la date de 1697. (Réf : Picot, ancien prêtre de Vergoncey)

Les Maufras de Crollon et leurs descendances

D’après les actes des registres paroissiaux, le mariage Jacques Maufras – Jacqueline Brisbarre, paraît être l’origine de tous les Maufras nés à Crollon.

En ce qui concerne ce présent article, la descendance a été divisée en trois grands groupes :

– Bretagne
– Avranches
– Crollon

Jacques Maufras épouse Jacqueline Brisbarre certainement avant 1650, date de naissance approximative de leur premier enfant connu.

L’épouse décède le 4 mars 1706, à l’âge de 70 ans. Son fils Jean, prêtre, est présent. Elle est inhumée dans l’église de Crollon. Aucun renseignement complémentaire n’a été trouvé concernant son mari, Jacques.

A noter :

  • Brisbarre, est un nom peu rencontré dans la région, à l’exception des quelques Brisbarre de Vergoncey, village voisin de Crollon.
  • Seules les familles aisées ou très pieuses avaient le privilège d’être inhumées dans l’église. Les Maufras, dès le début du XVIIe siècle avaient donc un certain rang dans la paroisse. Ils auraient possédé la majorité des terres entourant le bourg de Crollon.

Le couple a, au moins, cinq enfants.

  • Jeanne naît vers 1650. Elle se marie avec Charles Bazire vers 1665. (Réf Geneanet et réf : Claude Guibert de la Tour, généalogie Les GUIBERT DE LA TOUR).
  • Jean naît vers 1658. Il devient prêtre, vicaire à Crollon, mais ne ne semble pas avoir eu de cure. Il est inhumé, en 1708, dans l’église de Crollon.
    De 1677 à 1682, environ, un Guillaume Maufras, natif de Crollon, est prêtre vicaire au Mont Saint-Michel. Puis de 1682 à au moins 1692, il est vicaire à Huisne-sur-Mer. Est-il descendant du couple Jacques Maufras – Jacqueline Brissebarre ou, comme le suggèrent certains écrits, oncle de Jean Maufras, vicaire ?
  • Charlotte naît vers 1665. Elle se marie avec Raymond Diolay. Décédée en 1745 à Servon, elle est inhumée dans l’église de cette paroisse, sous l’autel de la Vierge, en présence des vicaires de Précey, Crollon et Servon.
  • François naît vers 1672. Sieur de Lamberdière (propriétaire), il épouse, à Poilley, Olive Farou, le 29 mai 1691. Décédé à 30 ans, en 1702, il est inhumé dans l’église de Crollon.
    La descendance de François Maufras se divise en deux branches principales :
    • la branche des Maufras Du Châtellier, de Bretagne.
    • la branche des Maufras de Crollon. Elle sera abordée dans la dernière partie de cet article consacré aux Maufras.
  • André naît vers 1674. Il se marie avec Anne Aumont. Succédant certainement à son père, il adjoint le nom de sa terre à son nom et devient la souche des Maufras Lamberdière.
    On retrouve, là encore, deux grandes branches :
    • la branche qui restera à Crollon (idem que ci-dessus)
    • la branche qui s’installera à Avranches.
    À son décès, en 1714, André Maufras est inhumé dans l’église de Crollon.

Le blason des Maufras

En novembre 1696, le roi décide la création de l’Armorial Général, registre où seront enregistrées les armoiries de France. Le but principal est de connaître l’ensemble de ces armoiries et d’éviter les contestations. Mais les droits d’enregistrements en font plus une mesure fiscale qu’un répertoire. De plus, le traitement de ces inscriptions étant affermé, l’intérêt d’avoir le plus grand nombre de souscripteurs devient, dans ces conditions, évident.

L’enregistrement des brevets, certifiant la détention d’armoiries, est confiée à Charles d’Hozier.

La formule administrative retenue est ainsi libellée :

Par ordonnance rendue le … par MM. les commissaires généraux du Conseil, députés sur le fait des armoiries,

Celles de N….telles qu’elles sont ici peintes et figurées, après avoir été reçues, ont été enregistrées à l’Armorial Général dans le registre coté … Généralité de … en conséquence du payement des droits réglés par les tarifs et arrêts du Conseil du 20 novembre 1696. En foi de quoi le présent brevet a été délivré à Paris, par nous Charles d’Hozier, conseiller du Roi, Garde de l’Armorial Général, etc.

Signé : d’Hozier

(Réf : Mémoires de la Société d’Archéologie, Avranches, Mortain, Tome XIII, décembre 1897)

Le document suivant ne serait donc qu’une demande d’inscription sur le registre du Grand Armorial, demande faite par André Maufras de la Lamberdière.

present_armoiries (Reduction)

Le processus d’inscription a-t-il été mené à terme ? Des doutes sont permis car les armoiries des Maufras ne se trouvent ni dans le Vingtiesme Volume de l’Armorial gñal, Normandie, généralité de Caen, signé de Charles d’Hozier, ni dans le relevé qui en est fait par la Société d’Archéologie, Avranches, Mortain. (Tome XIII, décembre 1897)

duchatellier_armoiries (Reduction)

 

Cependant, ces armoiries sont conservées et reprises en particulier par la branche des Maufras Du Châtellier.
Elles paraissent sous le nom d’Armand-René Maufras du Châtellier, dans l’Annuaire Général Héraldique Universel, Organe Officiel des Cours, de la Noblesse et du High-Life parution de 1901. (réf BnF, Gallica)

 

 

Vers Les Maufras, de Crollon (2)…

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