Les Maufras, de Crollon, suite 1

Les Maufras Du Châtellier

Jean Maufras, fils de François Maufras et d’Olive Farou, nait vers 1672. Il se marie avec Anne Cornille, de Précey, le 3 février 1717. Jean est sieur (propriétaire) du Châtellier à Poilley. Il adjoint le nom de sa terre à son nom et devient Maufras du Châtellier.

Remarque : Il ne faut pas confondre la famille Cornille, de Précey, avec la famille du Grand Pierre Corneille, de Rouen, comme certaines généalogies anciennes le font. Nombreux sont les Cornille qui vivent encore dans le Sud-Manche et à Précey !

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La descendance de Bretagne

B2_tissuLouis François Maufras, fils de Jean, naît au Châtellier, à Poilley, en 1718. Après des études auprès d’un parent prêtre, il se marie à Rennes avec Jeanne Chevillard, fille d’un marchand. Il est dit « Sieur du Châtellier ».

Louis devient également marchand de tissus et de soies en cette ville. Sept enfants au moins naissent à Rennes de cette union.
C’est sous le nom de Maufras Duchâtellier que ses enfants sont baptisés, et parmi eux René Louis en 1754. Parrains et marraines sont désormais choisis dans « la Robe » : milieu des avocats, procureurs …

B2_signature_louis_maufrasLouis travaille ensuite comme économe et archiviste à l’abbaye Saint-Georges de Rennes. Bon archiviste, il classe des titres politiques, à Landerneau, grâce à ses connaissances remarquées de paléographe.

Pour rétablir sa fortune ébranlée, il se consacre à l’agriculture, défriche des terres et acquiert la propriété des Noëttes, à Bréal-sous-Montford (35).

C’est toujours sous le nom de Maufras Duchâtellier qu’il est élu, vers 1793, Officier Public, fonction qu’il quittera peu après le décès de sa femme, fin 1793.

Redevenu simple juge de paix, il décède en son domicile des Noëttes en 1797 à près de 80 ans.

René Louis Maufras Duchâtellier, fils de Louis Maufras et Jeanne Chevillard, achète une charge de sénéchal en 1789 à Rennes.

Sénéchal de Rennes : Officier Royal de robe longue, qui est chef d’une justice subalterne.(dic. Académie française, 1798)

Il se consacre, dans un premier temps, à l’émancipation de la bourgeoisie. Nommé en 1791, commissaire du roi près du tribunal criminel de Quimper, il est révoqué comme suspect au pouvoir politique.

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Lors de la Révolution, il devient quartier-maître de l’armée vendéenne et échappe de peu à l’échafaud après la défaite de ce corps.

Devenu commissaire exécutif près du tribunal de Quimper, il juge les tristes exploits des « chauffeurs », bandes de criminels, pendant la Révolution, qui brûlaient les pieds des gens pour leur soutirer leurs économies.

B2_avocat_XIXDès lors, sa carrière au sein des tribunaux sera tributaire des divers gouvernements. Il prend sa retraite, en 1841, alors qu’il est vice-président du tribunal de Quimper. (Ref : Essai Généalogie Ascendante De Marie-Thérèse Bresson, Henri Léon Bresson, 1889).

René Louis Maufras Duchâtellier marié à Reine Le Bastard de Kerguiffinec a un fils, Armand René, dont le souvenir est toujours présent dans le Finistère.

Armand René Maufras Duchâtellier, né à Quimper en 1797, suit ses études à Rennes. Attaché à l’administration des douanes à Douarnenez, en 1820, il est muté dans les Ardennes, suite à un égarement politique de jeunesse.

Il se marie, en 1826, à Alexandrine Huard. Son beau-père, à sa mort en 1850, lui attribue le château de Kernuz. Armand Maufras Duchâtellier s’attachera à la rénovation du monument.

Descriptif de la chapelle du château Kernuz

  • Édifice de plan rectangulaire comprenant un petit porche voûté d’arêtes, une nef et un petit choeur. Les plans sont dus à l’architecte Joseph Bigot.

  • Mobilier Boiseries de l’autel constituées de fragments anciens partiellement dorés.

  • Vitraux : portraits d’Armand Maufras du Châtellier (1797-1885) et de son épouse née Huart.

  • Nombreuses plaques de marbre portant les inscriptions tumulaires de la famille Maufras du Châtellier.

(réf : http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/PONTLABB.pdf)

Il séjourne tour à tour en Bretagne ou à Paris pour ses diverses activités successives. Il fréquente, dans la capitale, les milieux de la politique et de la littérature. Il prend part à la Révolution de 1830, à Montmartre.

Nostalgique de son pays natal, il y revient vers 1831 en tant qu’inspecteur des prisons et bureaux de bienfaisance, dans le Finistère. Mais pour améliorer l’éducation de ses enfants et pour raison de santé, il passe quelques années à Versailles vers 1850. En 1858, c’est le retour définitif dans le Finistère, à Pont-L’Abbé.

Très tôt, il commence à rédiger des ouvrages sur sa région dont l’Histoire de la Révolution en Bretagne.

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Membre correspondant de l’Académie des sciences morales, il en devient le président, tout en participant à de nombreuses sociétés savantes.

Auteur prolifique, connu surtout sous le nom de Duchâtellier, tout l’intéresse : l’horticulture, l’aide aux démunis, le monde ouvrier agricole… et l’archéologie.

Il est maire de Pont-L’Abbé de 1874 à 1877. Une avenue porte son nom.

Il décède en plein travail le 27 avril 1885, en son château.

Du mariage d’Armand Maufras Duchâtellier et d’Alexandrine Huard naît Paul Maufras Duchâtellier (1833-1911) appelé Paul Duchâtellier.

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Paul Maufras Duchâtellier se consacre tout d’abord à la peinture de « Marines ». Mais il se tourne rapidement vers l’archéologie et devient un éminent spécialiste de la Bretagne.

Membre fondateur de la Société de préhistoire de France et grand collectionneur, il transforme, avec l’aide de son père, son château de Kernuz en musée.

Voici quelques fouilles réalisées par Paul Maufras Duchâtellier

  • les dolmens de Plovan, Renongard et Crugou ;
  • les tumulis de l’Age du Bronze ;
  • la sépulture à pointes de flèche de Kerhué-Bras à Plonéour-Lanvern ;
  • une série de tombes dans les Monts d’Arrée.

Lors de ses recherches, il découvre, dans les Monts d’Arrée, des populations rudes vivant dans des habitations comme à l’époque de la pierre.

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Pointes de flèche

A sa mort, la majeure partie de sa collection est transférée au musée national de Saint-Germain-en-Laye.

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Tableau de Paul Maufras Duchâtellier

À suivre…

 

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Conférence à Ducey

Conférence à Ducey

Images de nos églises : la Création et ses créatures

Les animaux sont fréquemment l’attribut de saints personnages dont ils nous racontent un pan d’histoire. Sans eux, nous sommes sourds et aveugles, incapables de comprendre ce qui nous est raconté dans la statuaire, les verrières, retables et autres supports.

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Les Maufras, de Crollon

Dans cet article, il n’est pas question de réaliser une généalogie complète, mais de suivre l’évolution de la famille Maufras, issue d’un de nos villages.
C’est à la fois, une mutation du nom, une dispersion géographie des membres et une transformation sociale.
Le parcours, développé ici, de quelques uns des descendants atteste de ces changements.
(pour une généalogie plus complète voir : GeneaVitheque)

En sortant du bourg de Crollon, par la route de Servon, une porte plein cintre, condamnée, révèle l’ancienneté de l’habitat.

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L’étymologie de l’endroit, la Lamberdière, indique que ce lieu a été la propriété, la maison des Lamberd. Or, les linteaux de la façade de cette propriété privée sont signés par ceux qui ont laissé le plus de traces : les Maufras.

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Les linteaux en façade

Le linteau de la porte d’entrée d’une ancienne habitation

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Sur la même porte, un beau linteau, en réemploi en jambage, paraît provenir de la maison d’un prêtre.

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linteau du jambage, présenté en position horizontale.

Dès la fin du XIIe siècle, ce nom, Maufras, est attesté sous la forme Malfras dans les Rôles de l’Échiquier de Normandie. Près de Coutances, une sergenterie porte ce nom, la sergenterie Maufras, citée dès 1612. (voir : sergenterie Maufras, WikiManche).

C’est également, en 1612, que la première mention des Maufras dans les registres paroissiaux du canton de Ducey apparaît. Le curé de Précey fulmine une excommunication contre Nicolas Escolasse, Charles Bioling(?), Demoiselle Françoise Duguey et Guillaume Maufras de Crollon. Aucune explication complémentaire n’est ajoutée.

Fulminer : lancer une condamnation dans les formes prévues. Formuler avec véhémence. Fulminer une excommunication. (Dic. Robert, Alain Ray)

La deuxième mention date du 22 février 1628. Jacques Maufras, de Crollon, épouse Jeanne Potel(?), de Précey, en l’église de Précey. Né en 1610, à Précey, il serait le fils de Guillaume Maufras. (réf : Claude Guibert de la Tour, généalogie Les GUIBERT DE LA TOUR).

Puis, divers actes de mariages ou d’inhumations de Maufras parsèment les registres. Mais ces informations, trop parcellaires, ne permettent pas de les relier entre elles.

Dans l’église de Crollon, une dalle funéraire, disparue aujourd’hui suite aux diverses rénovations, indiquait la sépulture de Julien Maufras, prêtre et de son frère André, avec la date de 1697. (Réf : Picot, ancien prêtre de Vergoncey)

Les Maufras de Crollon et leurs descendances

D’après les actes des registres paroissiaux, le mariage Jacques Maufras – Jacqueline Brisbarre, paraît être l’origine de tous les Maufras nés à Crollon.

En ce qui concerne ce présent article, la descendance a été divisée en trois grands groupes :

– Bretagne
– Avranches
– Crollon

Jacques Maufras épouse Jacqueline Brisbarre certainement avant 1650, date de naissance approximative de leur premier enfant connu.

L’épouse décède le 4 mars 1706, à l’âge de 70 ans. Son fils Jean, prêtre, est présent. Elle est inhumée dans l’église de Crollon. Aucun renseignement complémentaire n’a été trouvé concernant son mari, Jacques.

A noter :

  • Brisbarre, est un nom peu rencontré dans la région, à l’exception des quelques Brisbarre de Vergoncey, village voisin de Crollon.
  • Seules les familles aisées ou très pieuses avaient le privilège d’être inhumées dans l’église. Les Maufras, dès le début du XVIIe siècle avaient donc un certain rang dans la paroisse. Ils auraient possédé la majorité des terres entourant le bourg de Crollon.

Le couple a, au moins, cinq enfants.

  • Jeanne naît vers 1650. Elle se marie avec Charles Bazire vers 1665. (Réf Geneanet et réf : Claude Guibert de la Tour, généalogie Les GUIBERT DE LA TOUR).
  • Jean naît vers 1658. Il devient prêtre, vicaire à Crollon, mais ne ne semble pas avoir eu de cure. Il est inhumé, en 1708, dans l’église de Crollon.
    De 1677 à 1682, environ, un Guillaume Maufras, natif de Crollon, est prêtre vicaire au Mont Saint-Michel. Puis de 1682 à au moins 1692, il est vicaire à Huisne-sur-Mer. Est-il descendant du couple Jacques Maufras – Jacqueline Brissebarre ou, comme le suggèrent certains écrits, oncle de Jean Maufras, vicaire ?
  • Charlotte naît vers 1665. Elle se marie avec Raymond Diolay. Décédée en 1745 à Servon, elle est inhumée dans l’église de cette paroisse, sous l’autel de la Vierge, en présence des vicaires de Précey, Crollon et Servon.
  • François naît vers 1672. Sieur de Lamberdière (propriétaire), il épouse, à Poilley, Olive Farou, le 29 mai 1691. Décédé à 30 ans, en 1702, il est inhumé dans l’église de Crollon.
    La descendance de François Maufras se divise en deux branches principales :
    • la branche des Maufras Du Châtellier, de Bretagne.
    • la branche des Maufras de Crollon. Elle sera abordée dans la dernière partie de cet article consacré aux Maufras.
  • André naît vers 1674. Il se marie avec Anne Aumont. Succédant certainement à son père, il adjoint le nom de sa terre à son nom et devient la souche des Maufras Lamberdière.
    On retrouve, là encore, deux grandes branches :
    • la branche qui restera à Crollon (idem que ci-dessus)
    • la branche qui s’installera à Avranches.
    À son décès, en 1714, André Maufras est inhumé dans l’église de Crollon.

Le blason des Maufras

En novembre 1696, le roi décide la création de l’Armorial Général, registre où seront enregistrées les armoiries de France. Le but principal est de connaître l’ensemble de ces armoiries et d’éviter les contestations. Mais les droits d’enregistrements en font plus une mesure fiscale qu’un répertoire. De plus, le traitement de ces inscriptions étant affermé, l’intérêt d’avoir le plus grand nombre de souscripteurs devient, dans ces conditions, évident.

L’enregistrement des brevets, certifiant la détention d’armoiries, est confiée à Charles d’Hozier.

La formule administrative retenue est ainsi libellée :

Par ordonnance rendue le … par MM. les commissaires généraux du Conseil, députés sur le fait des armoiries,

Celles de N….telles qu’elles sont ici peintes et figurées, après avoir été reçues, ont été enregistrées à l’Armorial Général dans le registre coté … Généralité de … en conséquence du payement des droits réglés par les tarifs et arrêts du Conseil du 20 novembre 1696. En foi de quoi le présent brevet a été délivré à Paris, par nous Charles d’Hozier, conseiller du Roi, Garde de l’Armorial Général, etc.

Signé : d’Hozier

(Réf : Mémoires de la Société d’Archéologie, Avranches, Mortain, Tome XIII, décembre 1897)

Le document suivant ne serait donc qu’une demande d’inscription sur le registre du Grand Armorial, demande faite par André Maufras de la Lamberdière.

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Le processus d’inscription a-t-il été mené à terme ? Des doutes sont permis car les armoiries des Maufras ne se trouvent ni dans le Vingtiesme Volume de l’Armorial gñal, Normandie, généralité de Caen, signé de Charles d’Hozier, ni dans le relevé qui en est fait par la Société d’Archéologie, Avranches, Mortain. (Tome XIII, décembre 1897)

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Cependant, ces armoiries sont conservées et reprises en particulier par la branche des Maufras Du Châtellier.
Elles paraissent sous le nom d’Armand-René Maufras du Châtellier, dans l’Annuaire Général Héraldique Universel, Organe Officiel des Cours, de la Noblesse et du High-Life parution de 1901. (réf BnF, Gallica)

 

 

À suivre…

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Zoom sur un commerçant : Raoux, marchand de toiles et tissus, venu du Cantal et installé à Ducey

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Le marchand de toile occupe une place particulière dans le commerce ducéen.
Héritiers des colporteurs, de nombreux négociants originaires du Cantal, viennent à la conquête de l’ouest de la France, animés par une audace commerciale sans limites.
Le négociant auvergnat passe pour un vendeur habile et gagne la confiance de sa clientèle. La famille RAOUX vient s’installer dans le canton de Ducey et marquera son histoire.

 

Antoine Justin RAOUX, marchand de tissus

Originaire de Pléaux dans le Cantal, Antoine Justin RAOUX marchand de tissus, âgé de 21 ans, épouse le 10 septembre 1887 aux Chéris, une jeune femme de 17 ans, native de la commune Augustine Reine ROBLIN.

Le couple s’installe à Ducey où naissent Blanche Justine Marthe l’année suivante puis Justin François Etienne RAOUX un an plus tard. Il semblerait que la famille RAOUX tienne commerce, d’abord au n°32 de la Grande Rue, puis en 1911, au n°16 dans une maison spacieuse que Mme D’ESPINOSE, leur a vendue.

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Détail)

L’ascension sociale de Justin RAOUX fils

Justin grandit dans le négoce de la toile et du tissu, et reprend progressivement l’affaire de ses parents. Son mariage le ler décembre 1915 avec Marie Thérèse FLEURY, fille d’Albert FLEURY médecin et maire de Ducey, lui ouvre d’autres portes.

Il est à son tour élu maire de la commune le 12 juillet 1951, mais il démissionne trois mois plus tard.

En 1958, il s’éteint à son domicile situé au n°40 de la Grande Rue, propriété de sa femme.

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Justin RAOUX et Marie Thérèse FLEURY en novembre 1916.

 

 

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Un nouveau « coin de l’Ancien » !

Une carte postale de Charles Patarin vient d’être mise sur la page d’Accueil, rubrique Coin de l’Ancien.

A vous de reconnaître cette belle carte ancienne !

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Le Protestantisme dans le canton de Ducey

En 2017, les protestants fêtent les 500 ans de la Réforme.

Située sur les terres d’un de ses plus ardents défenseurs, Gabriel 1er de Montgommery, l’Histothèque Jean-Vitel s’associe modestement à cet anniversaire.
Dans le cadre historique du château de Ducey, l’association retrace la vie engagée dans la lutte religieuse de cette famille.

Vers annonce …

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