Le Tour de Normandie, à Ducey, (suite)

Départ de la deuxième étape du Tour de Normandie 1959

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Départ devant la mairie de Ducey et la Maison de la Presse de Mme Heurtault

 

 

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On peut reconnaître de gauche à droite :
le n° 24, BRALANT du S.V. Senlis ;
le n°28, BERTEL du S.V. Senlis ;
le n° 47, CASTRO Henrique, portugais du V.C Courbevoie ;
le n° 23, DRIEUX Daniel du S.V. Senlis.

 

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le n°43, DUEZ Henri du V.C. Courbevoie ;
le n° 32, DANGUILLAUME Jean Cycle Flèche d’Or (qui remportera 2 étapes) ;
le n° 42, BARDY Léo du V.C Courbevoie ;
LEBOULANGER Alphonse porteur du Maillot des As de Paris-Normandie ;

 

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enfin
le n° 64,  BIANCHI René de l’U.S Créteil;
le n° 45, VERNEAU Daniel du V.C Courbevoie

 

 

 

 

Les vainqueurs des étapes du Tour 1959

1re étape Cherbourg – Ducey 186 km                       MIELE (Belgique)
2e étape Ducey -Alençon 170 km                             LECESNE Jean (Normandie)
3e étape Alençon -Gournay 202 km                        CAILLEAUX René (Belge)
4e étape Gournay –Rouen 195 km                            DUBOIS Georges (La Flèche d’Or)
5e étape Rouen –Caen 177 km                                   DANGUILLAUME Jean (La Flèche d’Or)
6e étape Caen –Cherbourg                                        DANGUILLAUME Jean (La Flèche d’Or)

Le classement général de 1959

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Quelques réclames (1950/1960) !

 

Le Tour de Normandie 2005

Il faut attendre 2005 pour revoir cette épreuve à Ducey. L’organisation du Tour de Normandie s’est modifiée avec une arrivée dans une ville et le départ dans une autre.

C’est ainsi que la 5e étape de ce tour 2005 se déroule entre Domfront et Avranches où l’Espagnol Olmo MENACHO triomphe.
Le lendemain, samedi 26 mars 2005, le départ de la 6e étape est donné à Ducey  à 12 heures 30. Après 173 km de course, les coureurs arrivent à Bagnoles de l’Orne. Le Hollandais Kai REUS de la Rabobank porte le maillot de leader.
A l’issue de huit étapes, c’est ce même Kai REUS qui inscrit son nom au palmarès de l’ édition 2005.

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Le Tour de Normandie 2010

Comme en 2005, le Tour de Normandie 2010 part de Ducey. Le samedi 27 mars, devant une foule nombreuse, la caravane publicitaire se met en route quelque temps avant les coureurs. Le départ est donné place du Plat d’Etain, à 12h30. La 7e étape, longue de 172 km, conduira les coureurs de Ducey à Bagnoles de l’Orne.
La veille, l’étape Domfront – Avranches, longue de 168 km, avait vu le succès du Russe Alexander MIRONOV.
Place du Plat d’étain les coureurs s’élancent pour la 7e étape Ducey- Bagnoles de l’Orne

Avant le départ

Le Tour de Normandie 2017

Après sept ans d’absence, le Tour de Normandie revient cette année à Ducey, lors de l’arrivée de la 6ème étape Fleury-sur- Orne – Ducey._Les Chéris
Comme pour la plupart des éditions précédentes, les arrivées d’étapes se font dans une ville et le départ dans une autre. Or sur le plan sportif,une arrivée présente beaucoup plus d’intérêt qu’un départ d’étape.
Cet événement offre à Ducey une nouvelle occasion de manifester son attachement au cyclisme. En effet,cette passion a débuté en 1897, lors d’une fête locale.
Pour mémoire, rappelons quelques unes des grandes épreuves cyclistes régionales et nationales qui, au fil du siècle dernier, ont illustré Ducey :

  • Maillot des As de Paris-Normandie
  • Championnat de Normandie de Cyclo-Cross
  • Tour de la Manche
  • Tour de l’Avenir
  • Tour de Normandie
  • Passage du Tour de France à deux reprises , 1986 et 2013
  • etc.

Pour cette 37e édition, comportant 7 étapes, le départ est donné le lundi 20 mars à Bourg-Achard dans l’Eure et l’arrivée est prévue à Caen, le dimanche 26 mars.

En ce qui concerne Ducey, l’arrivée de la 6e étape, longue de 166 km, a lieu Rue de Les Chéris, le samedi 25 mars. Une boucle finale, d’environ 10 km, est à parcourir quatre fois, sur un terrain de jeu vallonné, en particulier avec la côte de La Garenne.

C’est Damien Gaudin, de l’équipe Armée de terre, qui, finissant comme un boulet de canon, remporte le sprint final, après une échappée dès le 45ème km, en compagnie de trois autres concurrents.

La boucle finale

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Le lendemain, l’arrivée à Caen consacre le Normand, Anthony Delaplace, vainqueur du Tour 2017.

 

 

 

 

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Le Tour de Normandie, à Ducey

Le Tour de Normandie cycliste est devenu une épreuve de renommée nationale.

Créé en mai 1939, il connait dès son origine un vrai succès. Son départ est donné, à Caen, le 19 mai, deux jours après la célèbre course Bordeaux-Paris, longue de 572 kilomètres, à couvrir en une seule journée !

Le journal Ouest-Éclair couvre les trois étapes du Tour de Normandie.

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La seconde étape

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Réclame !!!

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Résumé de l’épreuve

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A peine créé en 1939, il fut malheureusement interrompu en raison de la guerre.

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Il faudra attendre 1956 pour qu’une nouvelle édition soit mise sur pied. Cette année-là, le Breton, Armand AUDAIRE, remporta l’épreuve devant le Normand, Eugène LETENDRE de Saint-Hilaire-du-Harcouët.

A Ducey, le cyclisme était bien ancré grâce au Vélo-Club créé lui aussi dès 1939. Ce club fut associé à cette épreuve par trois fois en 1959, en 2005 et en 2010.
Pour mémoire, en 1959, celui-ci jouissait d’une excellente réputation, ayant déjà à son actif l’organisation d’une épreuve du Maillot des As, de Paris-Normandie et du Championnat de Normandie de cyclo-cross en 1958. Un de ses coureurs, Robert LAURENT, remporta le titre de Champion de Normandie.
Tout naturellement, pour la 5e édition du Tour de Normandie, en 1959, les organisateurs décidèrent de programmer la première étape entre Cherbourg et Ducey.

Le Tour de Normandie 1959

Le dimanche 10 mai 1959, cinquante-six coureurs, répartis en 7 équipes, prirent le départ à Cherbourg.

Voici la liste des engagés au départ de cette première étape Cherbourg –Ducey, longue de 186 km.

Cycles BERTIN
Dir. Sportif : LOSFELD –Commissaire : JOUBIN V.C Avranches

1 BLAVIER Jean-Baptiste (Belge)
2 CAILLEAUX René (Belge)
3 CONTI Antonio (Italien)
4 DELBECQ Jacques (Belge)
5 DENUTTE Raymond (Belge)
6 DHAENE Jacques (Belge)
7 DUBART Willy (Belge)
8 MIELE Francisco ( Italien)

Cycles La Flèche d’Or
Dir. Sportif : VINCENT –Commisaire ROGER V.C Avranches

31 PERLY Henri ( P. Le Mans)
32 DANGUILLAUME Jean (A.V.Tours)
33 DANGUILLAUME Roland (A.V.Tours)
34 HUET Marcel (V.S La Ferté-Bernard)
35 HUET Eugène (V.S.La Ferté-Bernard)
36 LEBOULANGER Alphonse (E.C Le Havre)
37 LEBOULANGER Bernard (E.C. Le Havre)
39 DUBOIS Georges ( V.C. Rennes)

V.C. ROUEN –Café Cigogne
Dir. Sportif : Couraet –Commissaire:DARTUS V.C. St Hilaire

11 LEFRANC Elie
12 POULINGUE Pierre
13 BOUVATIER Claude
14 BISPE Jean-Claude
15 LEGRIS Roger
16 LEBAUBE Jean-Claude
17 WILMET François
18 DEMARE Marcel

V.C. COURBEVOIE
– 
ASNIERE
Dir. Sportif : SAUVAGE –Commissaire : AUBERNON V.C. St Hilaire

41 VERMEULEN Paul
42 BARDY Léo
43 DUEZ Henri
44 COUSSEAU Claude
45 VERNEAU Daniel
46 MAÏA Alfredo de Azevedo ( Portugais)
47 CASTRO Henrique (Portugais)
48 CLOAREC Michel

S.V. SENLIS
Dir. Sportif : DACGUIN –Commissaire :
CHARLES V.C. Pontorson

21 WASKO Joseph
22 SIMON Gérard
23 DRIEUX Daniel
24 BRALANT
25 HENWOOD Alain
26 ESTIVAL Raymond
27 LECLERCQ
28 BOITEL

U.S. CRETEIL
Dir. Sportif:REBIFFE-Commissaire:
DUFOUR V.C ; Ducey

61 JILLARD Barthélémy (Belge)
62 REBIFFE Jacques
63 SUTER Pierre
64 BIANCHI René
65 PRIMOUT Claude
66 KALUZA Jean
67 MAZURIER René
68 GAUTIER Henri

Equipe de Normandie
Dir. Sportif : CAUDRON –
Commissaire : LEMOUSSU V.C. St Hilaire

71 LEPOITEVIN Fernand (A.S. Cherbourg)
72 JULIENNE Roger ( Bayeux A.C)
73 FABRICE Marcel ( A.C Sotteville)
74 LECESNE Jean (A.S Cherbourg)
75 MOYTEAUX (U.V.Caen)
76 FONTAINE Michel (E.S. Caen)
77 DELAHAYE Jean (E.C. Lisieux)
78 MORIERE ( E.C. Lisieux)

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Lariflette, fidèle accompagnateur du cyclisme régional, dans Ouest-France

Monsieur Armand DUFOUR, membre du Vélo-Club ducéen et commissaire de cette première étape, en fait le résumé :

Le contrôle de départ s’effectue au café restaurant du Théâtre de Cherbourg, je suis affecté par M. LENEPVEU, comme commissaire à l’équipe de l’U.S Créteil dont la voiture a été désignée par le sort, voiture n° 1, je serai donc bien placé, car devant la voiture de Créteil il n’y aura que celle du Directeur de la Course.

Nous nous rendons au départ (qui a lieu Avenue de Paris) derrière les coureurs, par la Rue des Tribunaux, les quais, avenue François Millet, avenue de Paris.

Au cours de l’appel, le speaker nous apprend que le Belge Barthélemy JILLARD, de l’U.S Créteil, a battu jeudi dernier à Bruxelles le record de Belgique de l’heure en couvrant 45 kms 430.

Puis le départ est donné avec 5 minutes de retard (11h.35) –Les 56 partants font un démarrage sur les chapeaux de roue et la longue montée, à la sortie de Cherbourg, est montée en un rien de temps.

Dès le km 10, le Directeur de la course sort son drapeau rouge car une fugue se dessine déjà. Bientôt l’ardoisier nous indique qu’un groupe d’échappés comprend le n° 1 BLAVIER, le 5 DENUTE (Bertin), le 21 WASKO (S.V. Senlis) le 44 COUSSEAU, le 46 MAÏA, le 47 CASTRO et le 48 CLOAREC (V.C Courbevoie), le 64 BIANCHI, le 65 PRIMOUT le 66 KALUZA , le 67 MAZURIER et le 68 GAUTIER ( l’U.S Créteil) et le 74 LECESNE (Normandie).

Les passagers de l’U.S Créteil se réjouissent déjà car 5 de leurs coureurs sont dans l’échappée, mais l’un d’eux a la malchance de crever un peu avant St Pierre Eglise (km 12). Il doit laisser filer ses douze compagnons de fugue. Il se fait passer aussi par le peloton ; appliquant parfaitement l’esprit d’équipe, ses camarades de club : REBIFFE (62) JILLARD (61) et SUTER (63) l’attendent.

Nous stoppons, les mécanos s’énervent quelque peu mais le changement de roue s’effectue rapidement tout de même. Les 4 sociétaires de Créteil engagent une course poursuite à 50 km/heure de toute beauté, mais le peloton qui chasse ferme ne les a, bien sûr, pas attendu et ils ne pourront réintégrer le peloton qu’à St Vaast-La-Hougue (km 37), la poursuite aura donc duré 25 kilomètres ; Les 12 échappés comptent alors 1 minute d’avance. La pluie qui menaçait fait son apparition et durera pendant de nombreux kilomètres.

BOUVATIER (V.C. Rouen) crève à Valognes (km 55) il est attendu par BISPE et LEBAUBE et revient rapidement, cependant que POULINGUE (V.C. Rouen), J. DANGUILLAUME (La Flèche d’Or), DUEZ (V.C Courbevoie) et FABRICE (Normandie) s’évadent du peloton et se lancent à la poursuite des 12 coureurs de tête, qu’ils rejoignent au km 70.

11 kilomètres plus loin à La Haye du Puits (km 81) un regroupement général s’opère. Le train tombe mais l’accalmie est de courte durée car à Lessay (km 89) le drapeau rouge fait une nouvelle apparition. En effet une nouvelle échappée de 12 hommes prend corps. Les fuyards sont : le 1 BLAVIER, le 2 CAILLEAUX, le 5 DENUTTE et le 8 MIELE (Bertin) le 23 DRIEUX (S.V. Senlis) le 35 Eugène HUET et le 37 Bernard LEBOULANGER (La Flèche d’Or) le 42 BARDY, le 43 DUEZ et le 44 COUSSEAUX (V.C. Courbevoie),  le 64 BIANCHI (U.S.Créteil) et le 76 FONTAINE (Normandie). Entre temps PERLY (La Flèche d’Or) doit changer de roue, mais, attendu par Marcel HUET, DUBOIS et Roland DANGUILLAUME, il réintègre rapidement le peloton.

Le ravitaillement ayant lieu à Périers (km 99), on doit passer les coureurs pour aller préparer les musettes.

Sur les lieux même du ravitaillement, DRIEUX crève et doit laisser filer ses 11 camarades d’échappée, lesquels comptent 30 secondes d’avance sur JULIENNE (Normandie) et DEMARE (V.C. Rouen), et 50 secondes sur tous les autres coureurs. DRIEUX repart avec le peloton, plusieurs coureurs manquent leur musette. BARDY est bientôt largué du groupe de tête et essuyant un fameux coup de pompe, rapidement dépassé et oublié par le peloton. On pense à son abandon mais courageux il continuera seul et arrivera à Ducey juste devant la voiture balai avec près d’une demie-heure de retard, cependant que JULIENNE et DEMARE parviennent à leurs fins et rejoignent le groupe de tête. Les 12 echappés augmentent leur avance qui se chiffre par 2 minutes 15 à Coutances (km 113) et par 3 minutes 10 à Granville (km 142).

A la sortie de Granville, POULINGUE crève mais avec l’aide de BISPE et de LEGRIX, il reprend vite sa place au sein du peloton.

On apprend que MIELE a crevé à Jullouville (km 150) mais immédiatement secouru, il reprend tout de suite sa place en tête plus heureux que FONTAINE qui doit changer son boyau arrière à Carolles (km 153) et de fait se fait absorber par le gros de la troupe.

Les kilomètres commencent à se faire sentir et plusieurs ont du mal à suivre le train, SUTER, KALUZA et MAZURIER de Creteil se font même décoller mais serrant les dents ils reviennent.

Nous abordons la longue côte de la gare d’Avranches, le peloton éclate et nous remontons LEFRANC (V.C. Rouen) PRIMOUT, SUTER, KALUZA (Créteil) et VERNEAU (V.C. Courbevoie), puis BRALANT (S.V. Senlis), CLOAREC, MAÏA, CASTRO (V.C. Courbevoie) BOUVATIER (V.C. Rouen) JILLARD (U.S Créteil) et WILMET (V.C. Rouen) puis DELBECQ (Bertin) MAZURIER (U.S Créteil), FABRICE (Normandie) Pierre BOITEL (S.V.Senlis) puis VERMEULEN (V.C. Courbevoie) et Marcel HUET mais nous n’arrivons pas à doubler le reste du peloton car nous arrivons dans les « M » nous sommes donc bloqués dans le milieu des coureurs et plusieurs d’entre eux dont les noms précèdent profitent du sillage de notre voiture pour réintégrer le peloton ; le Directeur de la course n’est pas content de cela et nous interdit le passage, il nous autorise tout de même à passer le peloton au « V ». Nous remontons donc le peloton en avant duquel et légèrement détachés se trouvent PERLY (La Flèche d’Or) et ESTIVAL de Senlis. On remonte ensuite Eugène HUET qui faisait partie de l’échappée et qui victime d’une crevaison est occupé à changer de roue, puis JULIENNE( qui est en difficulté par suite de fringale) et COUSSEAU, puis un groupe de cinq comprenant : BLAVIER, DUEZ, DEMARE, Bernard LEBOULANGER et DENUTTE.

Nous arrivons enfin derrière notre coureur de Créteil, BIANCHI, accompagné du Belge CAILLEAUX. Nous nous plaçons derrière les 2 hommes pour assister à leur sprint, mais il n’y a pratiquement pas de sprint car BIANCHI, fatigué est nettement battu par CAILLEAUX.

Sur la ligne d’arrivée, avenue Emile Dehousse, face à la gendarmerie, on apprend que ce n’est pas CAILLEAUX le vainqueur mais son camarade d’équipe MIELE qui s ‘était détaché, seul, à la sortie d’Avranches !

Classement de la première étape Cherbourg-Ducey
longue de 186 km

Il est à noter que pour un système de bonus, le nombre de kilomètres d’une étape est souvent surévalué. C’est le cas, ici, où le journal indique 190 km.

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Prochainement, la deuxième étape et la suite de l’article, mais avant un peu de réclames

 

A suivre …

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Louis LEBOCEY, de Ducey, (1805- 1859)

Parmi les personnalités citées pour Ducey, il en est une souvent ignorée : Louis Lebocey, médecin. Pourtant, il a été un acteur et un témoin de la profonde transformation du cœur de la cité, au XIXe siècle.
Cet article présente quelques repères dans la vie de cet homme, bien ancré dans le canton.

Sa vie familiale

Né le 24 mars 1805 à Les Chéris, au village de Lulagrie, Louis Lebocey est le fils de Jean Baptiste Lebocey, laboureur, et de Anne Brière.

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Un médecin au XIXe siècle,                (source Gallica BnF)

Ses frères et ses sœurs

  • Anne Barbe Lebocey, née le 24 juillet 1787, à Les Chéris, au village de Lulagrie.
  • Anne Françoise Jacqueline Lebocey, née en 1788 à Les Chéris. Elle épouse, en 1814, Pierre Boudet, cultivateur.(Les registres paroissiaux de 1788 sont absents.)
  • Jean René Lebocey, né le 23 octobre 1791 à Les Chéris, au village de Lulagrie.
  • Jeanne Louise Perrine Lebocey, née le 31 juillet 1793 à Les Chéris, au village de Lulagrie. Elle épouse, en 1817, Julien Charles François Mottays, cultivateur.
    (Ref AD 50, registres de Les Chéris)

C’est, certainement, à Paris, que Louis Lebocey fait ses études de médecine. Au cours de cette période, il rencontre Caroline Paillard.

Née le 10 octobre 1799, à Versailles, Caroline est la fille de Louis Timothée Paillard, horloger à Paris, 69 rue Galande, et d’Henriette Besnard.
(La rue Galande est située dans le quartier de la Sorbonne, Paris V).

De ce couple, naît, hors mariage, Louis Ferdinand Lebocey, le 9 octobre 1829, à Paris XI.

En 1830, Louis Lebocey soutient sa thèse de médecine, intitulée Propositions de médecine et de chirurgie.

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(ref : Catalogue méthodique de la Bibliothèque communale de la ville de Limoges. Sciences, arts / par Emile Ruben,… BnF Gallica)

Dès 1830, il vient s’installer à Ducey comme médecin, où il exerce pendant de nombreuses années.

Son mariage

Le 9 février 1831, le couple Louis Lebocey – Caroline Paillard normalise sa relation en se mariant à Les Chéris. Caroline, sans profession, est domiciliée à Avranches.

Sur le registre, le maire note :

Les dits époux ont déclaré qu’il est né d’eux, un enfant inscrit sur les registres de l’état civil de la mairie du 11é arrondissement de Paris en date du 09 octobre 1829 sous les noms de Louis Ferdinand lequel ils reconnaissent pour leur fils.

Les recherches dans les archives n’ont pas permis de retrouver d’autres enfants. Louis Ferdinand est-il un enfant unique ?

Le décès de son épouse Caroline

Caroline Paillard, occupée dans son ménage, épouse de Louis Lebocey, décède au domicile de son mari le 12 août 1852.

Le décès de Louis Lebocey

Dès 1855, Louis Lebocey est très malade. Il est diminué physiquement mais il garde le moral.

Le notaire Baron, de Ducey, dans une correspondance au comte de Semallé, propriétaire du château de ce lieu, indique, en date du 17 mars 1855 :

M. Lebocey vient d’éprouver une forte attaque d’apoplexie, nous avons eu peur de le perdre. Son moral n’en est pas affecté mais il est à craindre que cela ne revienne. La famille habite toujours Ducey, cependant le père voudrait bien aller demeurer à Avranches. Il a affiché de nouveau la vente de sa maison mais aucun amateur ne s’est présenté. Dans ce moment, les fonds sont en baisse et les transactions sont bien difficiles.

Trois ans plus tard, en septembre 1858, le notaire Baron, dans son courrier au comte de Semallé, souligne l’aggravation de la maladie de Louis Lebocey :

Le juge de paix (Louis Lebocey est devenu juge de paix) est dans un état moyen de l’idiotisme, il ne prononce plus que des mots presqu’inintelligibles, il ne possède plus ses idées pour faire la justice de paix, il est obligé d’avoir toujours son greffier avec lui afin de pouvoir prononcer ce qu’il veut dire.

Puis fin octobre 1858 :

M. Lebocey est complément paralysé du coté gauche, sa parole est tout à fait embarrassée, on parle de lui donner un successeur pour le jour du premier de l’an et de lui accorder une petite pension pour le faire vivre car il ne possède plus que sa maison servant de caserne pour la gendarmerie.

En mai 1859, le notaire annonce qu’il n’y a plus de juge à Ducey. M. Lebocey a remis sa démission depuis plus d’un mois et il n’est toujours pas remplacé.

Louis Lebocey décède le 18 décembre 1859, à Poilley. Il est inhumé, selon son souhait, à Ducey. Une foule considérable l’accompagne à sa dernière demeure.

Sa maison, au numéro 34 de la Grande-Rue

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Inexistante en 1844, cette maison est achevée en 1848 par Louis Lebocey. Elle est bâtie sur un terrain ayant appartenu à la veuve Belliard Chardière, propriétaire de l’Hôtel du Lion d’or, situé en face, de l’autre côté de la Grande-Rue.

Suite au décès de l’épouse, en 1852, le couple Louis Lebocey – Caroline Paillard ne l’habite pas longtemps.

D’après la correspondance du notaire Baron, avant même 1855, Louis Lebocey souhaite vendre ce bien.

Une première remarque dans ce courrier attire l’attention : La famille habite toujours Ducey , cependant le père voudrait bien aller demeurer à Avranches.

Caroline PAILLARD étant décédée en 1852, le terme famille s’applique-t-il simplement à Louis Lebocey et à son fils Louis Ferdinand, ou, y a-t-il d’autres personnes vivant dans le foyer ?

En 1858, le médecin, aussi juge de paix, habite-t-il toujours cette demeure ? Il semble que non puisque la gendarmerie y est installée.

Une deuxième remarque concerne la fortune de Louis Lebocey : cette maison est le seul bien restant au juge, auquel on va verser une petite pension pour pouvoir vivre !

Outre son occupation par la gendarmerie au moins depuis 1858, le recensement de 1868 indique que cette maison appartient à Ferdinand Lebocey. Est-ce le fils de Louis et de Caroline Paillard ?

Les honneurs pour le fils, Louis Ferdinand Lebocey

En 1846, le fils de Louis Lebocey, Louis Ferdinand est mis à l’honneur pour un trait de dévouement.

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Une cérémonie lui est dédiée au Collège d’Avranches. La presse de l’Avranchin s’en fait l’écho.

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Vers généalogie Louis Lebocey

 

Sa vie publique

Le médecin et la vaccine

Dès le début de son installation en tant que praticien, Louis Lebocey participe activement aux campagnes de vaccine, contre la variole.

La vaccine est une maladie propre à la vache. Inoculée à l’homme, elle le préserve de la variole. Ce procédé d’inoculation est réalisé dès le début du XIXè siècle.
En 1832, à titre d’encouragement, une allocation de 30 francs est attribuée à Louis Lebocey, pour les 70 vaccinations qu’il a réalisées.

En 1846, il est distingué pour 145 vaccines pratiquées. En 1847, son nom est cité pour la vaccination de 124 personnes.

Il semble bien que ce ne soit pas pour les récompenses qu’il agit contre la variole, mais bien en tant que médecin qui lutte contre ce fléau. Lors d’une session du Conseil Général de la Manche, en 1848, il prend position pour la suppression des primes pécuniaires en faveur des vaccinateurs ou au profit des mères des enfants vaccinés. Pour lui, cette prime n’apporte aucun résultat satisfaisant et aggrave l’état des finances départementales.

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Jenner, médecin anglais découvreur de la vaccine.

Le garde nationale de Ducey

Deux ans après son installation à Ducey, en 1832, Louis Lebocey devient commandant du bataillon de la garde nationale de Ducey. Il y est réélu deux fois.

Le maire de Ducey

En 1837, Louis Lebocey est nommé maire par le préfet. Il faut, pour accéder à cette fonction, être riche pour « inspirer le respect ». Aucune gratification ne rétribue cette charge.

Il reste à la tête de la commune jusqu’en 1848.

C’est sous son mandat que Ducey se transforme en profondeur :

  • construction de la route de contournement du bourg, assurant la continuité de l’axe Alençon-Bretagne
  • construction du nouveau pont pour cette nouvelle route.
  • acquisition en 1844, par la commune et par adjudication, de l’Hôtel du Lion d’Or, propriété de la veuve Belliard Chardière et des héritiers.
  • ouverture, vers 1846, du bureau de poste de Ducey, avec à sa tête, Mme Veuve Berthelot.
  • juillet 1847, création d’une gendarmerie à cheval, à Ducey. Un compte-rendu de session du Conseil Général indique qu’une demande de caserne de gendarmerie a été envoyée au ministère le 19 janvier 1849, suite à la création de cette gendarmerie à cheval. Le rapport ajoute : il n’a point encore été possible de trouver de logements pour les brigades accordées à Ducey et à Cerisy-la-Forêt.
  • lancement de la construction de l’hôtel de ville de Ducey et des nouvelles halles, avec adjudication des travaux en mars 1848. Ces bâtiments sont érigés à l’emplacement de l’ancien hôtel du Lion d’Or.

D’après l’article ci-dessous, paru dans le journal de L’Avranchin du 17 juillet 1842, sa vie de maire a été un peu bousculée. Cette Correspondance, signée de Louis Lebocey, maire de Ducey, ne nous explique pas le fond de l’affaire Davinière. Elle laisse seulement entrevoir que le magistrat s’est trouvé confronté à des événements nécessitant une mise au point.

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Louis Lebocey, membre du conseil général

Il est nommé membre du Conseil général du département de la Manche en septembre 1848 avec 968 suffrages.

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Il sera réélu, en août 1852, avec 1470 suffrages sur 2760 inscrits.
Voici quelques exemples de ses interventions lors des sessions du Conseil général.

En 1848, il est :

  • rapporteur des commissions d’administration générale sur la réunion ou sur la séparation de communes, en particulier sur le rapprochement de Boisbenâtre et de Coulouvray.
  • rapporteur de la commission concernant les crédits alloués aux mémoires de la Société vétérinaire ainsi qu’aux demandes de bourse pour l’école de vétérinaire. Louis Lebocey y est favorable car cela éviterait le charlatanisme et permettrait des soins appropriés aux animaux.
  • rapporteur de la commission concernant la police de boulangerie.La commission émet le vœu qu’une loi soit rendue pour réglementer ce métier et éviter que la coalition des boulangers résiste aux actes administratifs.
  • rapporteur de la commission concernant la poste aux chevaux de Ducey. Suite à la perte de la concession par le maître de poste Lechartier-Maisonneuve, le relais de poste a été transféré à Pontaubault. Ce changement nuit aux intérêts de Ducey. La commission demande donc son rétablissement.

De plus, il prend position contre la construction d’une nouvelle digue dans la baie du Mont Saint-Michel. Pour lui, cette ouvrage met en péril la possibilité, pour les agriculteurs de la région, d’utiliser la tangue et le varech comme engrais.

Le 24 août 1851, Louis Lebocey est absent à la session du Conseil Général. Son courrier, adressé au préfet, en explique les motifs.

Monsieur Le Préfet

Ce matin, vers quatre heures, les habitants du bourg de Ducey ont été réveillés par les cris : au feu! un incendie avait éclaté dans la maison la plus rapprochée de l’hôtel de Madame Bouteloup et en moins d’une heure et demie a dévoré trois maisons nouvellement construites. Je fais une enquête pour rechercher les causes de ce sinistre, le nombre de ménages victimes de l’incendie, et le montant de la perte. Ce devoir rempli, je me rendrai à Saint-Lô. Mardi prochain, j’aurai l’honneur de vous rendre compte de ce malheur avec connaissance de cause…

Ne pouvant plus assurer ses fonctions, suite à sa maladie, en 1858, Louis Lebocey est remplacé au Conseil Général, par Sanson, juge honoraire à Avranches.

Louis Lebocey, juge de paix pour le canton de Ducey

juge_de_paix-reductionQu’est-ce qu’un juge de paix ?

Le juge de paix, magistrat principalement chargé de juger sommairement, sans frais et sans ministère d’avoués, les contestations de peu d’importance, et de concilier, s’il se peut, les différends dont le jugement est réservé aux tribunaux civils ordinaires. (Dictionnaire Littré 1877)

Les premiers juges de paix
Pour être juge de paix, il suffira d’avoir les lumières de l’expérience et d’un bon jugement et l’habitude des contestations.
(Thouret, le 7 juillet 1790, devant l’Assemblée nationale constituante)

La loi des 16-24 août 1790 prévoit qu’un juge de paix, élu par le peuple, soit institué dans chaque canton. Tout candidat doit justifier de la nationalité française, jouir de ses droits civils et politiques et d’avoir 30 ans révolus. Aucun diplôme de droit n’est imposé. Le juge de paix est un simple citoyen, qui inspire confiance. Son expérience et sa connaissance des usages permettent de juger en toute équité.

Le juge de paix doit également posséder des compétences contentieuses, pour juger des affaires simples, rapides et peu onéreuses.

Sa connaissance du milieu local lui permet d’intervenir dans des litiges tels que les dommages ruraux, les bornages, les injures verbales… C’est un juge de proximité.
Son autorité et son expérience peuvent également intervenir dans les affaires familiales : tutelle, curatelle, émancipation. Il préside alors le conseil de famille.

Succédant à Pinot, juge de paix depuis 1840/1841, Louis Lebocey est nommé, par arrêté du président du conseil.

lebocey_louis_juge_paix_avranchin_1848_12_24-reduction(Journal l’Avranchin du 24 décembre 1848)

Il reste juge de paix jusqu’en 1858, sa santé l’obligeant à abandonner ces fonctions. Pendant les dernières années de son mandat, le notaire Baron est juge suppléant et le seconde pleinement dans sa tâche.

Autres fonctions

  • Président du Comice agricole, dont il est l’un des membres fondateurs. Il en est d’abord secrétaire puis président dans les années 1850.
  • Conseiller de la Chambre Consultative d’agriculture d’Avranches, pour le canton de Ducey, vers 1855.

 

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Menus potins de Ducey au XIXème siècle (2ème partie)

La vie à  Ducey à travers la correspondance BARON père et fils

A travers la correspondance des BARON adressée au comte de SEMALLÉ et à ses fils, vont se glisser, entre la gestion quotidienne et les affaires traitées, les petits potins, mais aussi les drames qui vont survenir sur une vingtaine d’années, ainsi que les descriptions des notables et de leurs familles.

Les grands travaux sur Ducey de 1840

Le 9 mars 1845, Jean-Louis BARON informe le comte de SEMALLÉ que la communauté des religieuses de Saint-James se trouvant trop nombreuse, cherche à fonder un nouvel établissement à Ducey.

Le curé de Ducey a pensé au grand pavillon du château. Elles recherchent un local et espèrent que la ville les aidera.

  » Notre cité semble de jour en jour perdre de sa prospérité, on ne doit pas s’attendre à des secours sur les fonds communaux. L’achat de la maison des frères, de celle des héritiers CHAUDIÈRE, l’expropriation d’un terrain pour faire une place devant l’église et la construction de la maison commune et des halles nous a forcé de faire un emprunt et notre crédit est engagé pour 12 ans « .

Dans la crainte de devoir partager son logement, il demande au comte de bien réfléchir :

« Mais vous ne devez pas ignorer que ces dames se proposent de faire les petites écoles. Vos parquets seront continuellement amoncelés par la fréquentation continuelle d’un grand nombre d’enfants. La cuisine qu’on sera obligé de faire dans la grande salle, puisque tous les hivers la cuisine est pleine d’eau, viendra encore aider cette dégradation.
Joignez à cet inconvénient celui que vous ne serez plus maître chez vous, que vos jardins seront pillés et qu’il faudra renoncer à cultiver votre enclos car il serait impossible d’empêcher les enfants à fouler les récoltes ». (…)
« L’intention serait de s’emparer de tout le grand pavillon. Ce serait à moi de chercher à me caser, comme je pourrai, dans le petit pavillon. Il me faudrait à reporter mon étude et aucune des pièces n’est pas grandeur pour la contenir. J’y serai aussi obligé d’y loger mon clerc et mon domestique.
Voilà trois pièces prises pour ces objets. Mes enfants qui grandissent ne peuvent plus dormir dans leurs berceaux comme autrefois. Je suis obligé de les loger dans une chambre du second et puis je laisse mes filles auprès de ces jeunes gens. Je me trouverai donc, M. le comte, si vous accordiez cette permission, dans la dure nécessité de ne plus pouvoir offrir un lit aux personnes qui m’honoraient de leur visite ou de céder le mien et d’aller coucher à l’auberge. Je ne pourrai plus tenir à la prescription que vous m’aviez donnée d’empêcher les enfants de se réunir comme ils le faisaient au passé. La cour de votre château deviendrait publique ».

BARON achève ses propos sur un argument qu’il espère convaincant : « Le loyer sera gratuit pour les sœurs ». Les religieuses vont finalement s’installer, deux ans plus tard, en 1847, dans la rue qui conserve aujourd’hui le nom de rue de la Communauté.

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Petite chronologie des travaux cités dans la commune par les Baron

Les grands travaux de la commune sont énumérés. La création de la route n°176 Paris-Brest (aujourd’hui D.976) est mentionnée. 

19 janvier 1840 : avancement des travaux de la route de Ducey à Saint-Hilaire dans le jardin du château (voir articles La route départementale n°21 et ses bouleversements dans la cité ducéenne.

11 décembre 1840 : début de l’enlèvement des arbres dans le jardin du château, dû aux travaux de la grande route dans le parc. BARON propose au comte de faire un mur pour éviter les regards.

15 novembre 1842 : les travaux de la Pérée du vieux pont, l’édification du mur autour de l’îlot en 1843.

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10 août 1843 : annonce de la délibération du conseil municipal qui autorise le maire à acquérir la maison de l’écurie de Chardière pour y faire construire une mairie, une justice de paix, y porter la halle aux bouchers, et y percer une rue pour communiquer du bourg de Ducey à la grande route … pour rendre vie à ce malheureux bourg voir article Auberges, Hôtels et Cabarets de Ducey. BARON demande s’il doit enchérir en son nom.

 

16 juillet 1847 :

« Le mur du château est bientôt terminé. Je l’ai fait construire comme vous me l’avez ordonné. Aussitôt terminé, je vais m’occuper de la réparation  de derrière le château et du pont ». 

8 août 1850 : le pignon du moulin de Ducey va tomber. Il a besoin de réparations.

24 septembre 1853 : travaux sur la Pérée. Travaux du moulin, vieux pont.

27 septembre 1857 : plaintes des habitants du bas du bourg au sujet de l’odeur des porcs du meunier qui indisposent les gens qui traversent le pont. BARON les a logés dans « le petit appartement touchant l’écurie ». Mais les plaintes continuent. BARON propose au comte de construire quelque chose de neuf.

31 octobre 1858 : les travaux sur le Mont Saint-Michel sont évoqués : « Les trois rivières se sont reçues devant la porte et il fait des excavations de plus de 10 mètres de profondeur qu’il faut traverser qu’en bateau. Les provisions ne sont plus qu’apportées que par eau ».

6 octobre 1858 : Félix JEHANNE, alors suspendu de ses fonctions de maire par le préfet de la Manche, agit toujours comme le premier magistrat de la cité :

« M. JEHANNE a dû vous faire part, M. le comte, que M. CHAMPION et lui faisant rouvrir l‘ancien l’ancienne fontaine des Chênes placée au milieu de l’abreuvoir existant en votre Pâtys et le nouveau pont. Cette fontaine qui autrefois entretenait d’eau le bas du bourg et votre ferme, avait été détruite lors de la construction du nouveau pont et je m’étais servi des pierres de la dite pour des réparations de vos propriétés. Je sais que l’eau manque presque entièrement à Ducey, que les pompes et les puits fournissent à peine pendant deux heures chaque jour, et que les habitants sont loin de s’en procurer suffisamment par leurs besoins ».

24 octobre 1859 :

« Les halles du milieu du bourg sont abattues. Sous peu, on va commencer l’ouverture des chemins par acquis du pré de la fontaine, en abattre l’ancien porche. Ce sera un grand embellissement pour notre bourg » (…).

« On va s’occuper d’embellir notre église qui n’est pas suffisante lors des grandes fêtes. Notre clergé et notre mairie ont fait une enquête pour cette réparation. Tous nos habitants se sont empressés d’offrir leurs cadeaux ».

7 février 1860 : les religieuses s’y mettent également et débutent les fondations de la chapelle.

La crise de 1846-1850

les maladies qui sévissent et les caprices de la météo

La météo et la crise ne sont pas sans relation et la correspondance des deux BARON le prouve.

On apprend que vers 1845 et 1846, la crue des eaux a fait beaucoup de dégâts. Les ponts du bois d’Ardennes ont été détruits et les poutres ont été emportées.

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Collection particulière – Histothèque Jean-Vitel.

L’année suivante voit apparaître une crise liées aux mauvaises récoltes : « comme chez nous, la seule industrie est la culture des terres ».

« Rien de nouveau dans notre pays que la misère qui continue à augmenter de jour en jour. Les laboureux qui ont ramassé à peine de quoi vivre ont cessé de donner du travail : le malheureux se trouve sans occupation et des ouvriers honnêtes et laborieux sont obligés de mendier. Les bestiaux ne se vendent pas. Tout le monde se trouve dans la plus grande gêne. J’ai vu des propriétaires venir me demander à faire des emprunts ne pouvant pas d’attendre d’ici la récolte prochaine à être payés de leurs fermiers. Si une récolte pareille à celle de l’année dernière avait lieu cette année, je ne puis dire à quelle extrémité nous nous trouverions réduits ».

 « Cet hiver, il risquera d’arriver comme en 1840, qu’on sera obligé de tuer les bestiaux qu’on ne pourra vendre » (…) « Le peuple de chez nous n’est pas heureux dans ce moment ici ; il ne trouve pas de travail. Chacun fait le sien comme il peut ; puis surcroît d’infortune, les impôts augmentent tous les jours et les communes s’en créent de nouveaux ».

Deux ans plus tard, l’épidémie de choléra apparaît, qui se déclare en France le 3 mars 1849 et va durer jusqu’en septembre, en faisant  plus de 16 000 morts.  BARON  écrit à SEMALLÉ dès le lendemain de l’arrivée du Choléra à Granville soit le 4 avril 1849 au comte de SEMALLÉ :

«Le choléra est à Granville. Plus de 10 personnes sont déjà mortes. Nous avons bien peur qu’il vienne nous visiter. Les fièvres typhoïdes continuent à sévir dans nos environs. Ce sont en général les malheureux qui en sont victimes ».

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La crise économique réapparaît  en 1854 et l’année suivante.

« La misère est au comble ici. Le grain, la viande et le cidre sont très chers. (…) les malheureux n’ont pas d’ouvrages, beaucoup de petits fermiers souffrent beaucoup n’ayant pas de récoltes et suffisamment de grains pour subvenir à leurs besoins. Depuis bien des années, la misère n’avait été aussi grande » (lettre du 2 février 1855).

« Dans ce moment, les fonds sont en baisse et les transactions sont bien difficiles. Le seul commerce florissant est la vente des bestiaux qui, cependant, ont éprouvé une diminution. Le grain, à être bien cher et si le port de Granville n’en fournissait pas, il serait encore plus cher, la misère plus grande, car nos ouvriers n’ont pas de travail. L’agriculture va beaucoup souffrir parce que les levées d’hommes ont pris beaucoup de domestiques et ceux qui restent, doivent profiter de l’occasion pour demander les gages plus considérables. Les fermiers s’en plaignent » (lettre du 17 mars 1855).

Les mois de mai et de juin 1856 sont marqués en France par une crue d’une ampleur exceptionnelle et brutale des grands fleuves français. On peut lire le 21 juin 1856 :

« La pluie ne cesse de tomber ici, elle est accompagnée d’un grand vent (…) récoltes mauvaises, etc.« .

Les maladies, les sécheresses des étés, les incendies, les inondations et les intempéries de 1857 à 1859 sont évoquées.

« Les maladies ont été bien communes cet hiver dans notre pays. Les maux de gorge et les fièvres typhoïdes ont fait beaucoup de victimes. Elles commencent à perdre de leur activité et à n’être pas si communes » (4 mai 1857).

 « Les incendies ne nous laissent pas dormir. Depuis deux mois, quatre fois le feu a été mis dans le bourg et toujours par malveillance et on ne peut découvrir les coupables. Les maladies continuent à sévir ; la dysenterie fait des ravages. Nous avons eu quelques victimes » (lettre du 17 octobre 1857).

« Le croup a fait beaucoup de victimes parmi les jeunes enfants. Dans les maisons, il y en a jusqu’à trois  ou quatre à mourir (…) Malgré le mauvais temps, nos pommiers promettent beaucoup » (12 mai 1859).

 

Une personnalité ducéenne sous la plume de Jean-Louis BARON

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Portrait de Jean-Baptiste DELIVET

La personne la plus critiquée dans cette correspondance, est manifestement Jean Baptiste DELIVET[1], l’ennemi de la famille BARON.

Dans une lettre rédigée le 21 mai 1843, Baron nous décrit la visite à Ducey du nouveau préfet de la Manche qui s’est déroulée le 3  mai 1843 et ne manque pas de critiquer DELIVET :

« J’avais le désir de voir le passage de notre nouveau préfet, qui a eu lieu par Ducey, vendredi dernier. J’étais invité à faire partie de son cortège et je n’ai pas manqué de m’y trouver. Je me suis toujours tenu à partie d’entendre tout ce que l’administration lui demandait et aucune demande n’a été faite contre vos intérêts, que par Monsieur Delivet qui a prétendu que la Pérée de votre moulin occasionnait la submersion d’une grande quantité de terrains. Sa demande n’a reçu qu’un accueil bien froid. Je suis fondé à croire que notre nouveau magistrat avait été instruit d’avance des mœurs et conduite de ce grand parleur »…..

 Le 8 septembre 1847, BARON ne manque pas d’écrire ce qu’il pense  de lui :

« Nous n’aurons plus à craindre les faux témoins de ce dernier ; sa dernière heure a sonné mardi et aujourd’hui, il a été conduit au champ-du-repos, tambour en tête. J’ai assisté déjà à plusieurs convois et toujours, j’ai remarqué le chagrin des assistants. Aujourd’hui, on y remarquait que du recueillement et on entendait aucun soupir tant il eut vrai dire : tel vous vous serez comporté, tel vous serez regretté ».

Jean-Louis BARON  ignore à ce moment où il écrit ses lignes, que sa dernière demeure dans le cimetière de Ducey, jouxtera celle de son ennemi DELIVET. En effet, la fière sépulture de ce dernier, entourée d’une grille noire luisante entretenue encore de nos jours par la maison de retraite portant son nom, semble encore défier la famille BARON qui repose en face, dans son modeste enclos familial.

[1] Jean-Baptiste DELIVET, originaire du Calvados et médecin en chef de la Marine, va entrer dans l’histoire de Ducey par son mariage avec sa cousine germaine Aimée Jeanne Sauvé, la fille de Gervais Sauvé, le premier maire de Ducey, ancien législateur.
 Une belle carrière de médecin chirurgien dans la Marine lui  permet de voyager. Nanti d’une belle fortune, il prend sa retraite dans la cité de Ducey, remplace provisoirement le maire et prend part à la vie locale. Avant sa mort, il confie à sa femme sa volonté de fonder une œuvre où les malades seraient soignés et secourus
Voir article :Jean-Baptiste Delivet, médecin en chef de la marine.

 


 

 

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Exposition Grande-Rue, 2016

L’exposition 2016 de l’Histothèque Jean-Vitel s’achève en cette fin d’année. Consacrée aux commerces et aux habitants de la Grande-Rue de Ducey, elle n’était initialement prévue que sur deux jours, dans la salle de la mairie. Mais, devant le succès remporté, la bibliothèque de Ducey et les Amis de la Bibliothèque nous ont proposé de poursuivre l’aventure. Merci à eux ! Nombreux ont été les visiteurs qui sont venus ou revenus visiter la Grande-Rue.
L’Office du Tourisme de Ducey a, ensuite, pris très amicalement le relais en organisant la présentation des photos anciennes.

Nous remercions chaleureusement les 800 visiteurs qui ont parcouru l’exposition. Et, pour tous ceux qui n’ont pas pu venir, voici un pêle-mêle de cette manifestation.

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