Zoom sur un commerçant : Raoux, marchand de toiles et tissus, venu du Cantal et installé à Ducey

698_001_petits-metiers-a-paris-le-marchand-de-toiles-a-laver.jpg

Le marchand de toile occupe une place particulière dans le commerce ducéen.
Héritiers des colporteurs, de nombreux négociants originaires du Cantal, viennent à la conquête de l’ouest de la France, animés par une audace commerciale sans limites.
Le négociant auvergnat passe pour un vendeur habile et gagne la confiance de sa clientèle. La famille RAOUX vient s’installer dans le canton de Ducey et marquera son histoire.

 

Antoine Justin RAOUX, marchand de tissus

Originaire de Pléaux dans le Cantal, Antoine Justin RAOUX marchand de tissus, âgé de 21 ans, épouse le 10 septembre 1887 aux Chéris, une jeune femme de 17 ans, native de la commune Augustine Reine ROBLIN.

Le couple s’installe à Ducey où naissent Blanche Justine Marthe l’année suivante puis Justin François Etienne RAOUX un an plus tard. Il semblerait que la famille RAOUX tienne commerce, d’abord au n°32 de la Grande Rue, puis en 1911, au n°16 dans une maison spacieuse que Mme D’ESPINOSE, leur a vendue.

unnamed (1)

Détail)

L’ascension sociale de Justin RAOUX fils

Justin grandit dans le négoce de la toile et du tissu, et reprend progressivement l’affaire de ses parents. Son mariage le ler décembre 1915 avec Marie Thérèse FLEURY, fille d’Albert FLEURY médecin et maire de Ducey, lui ouvre d’autres portes.

Il est à son tour élu maire de la commune le 12 juillet 1951, mais il démissionne trois mois plus tard.

En 1958, il s’éteint à son domicile situé au n°40 de la Grande Rue, propriété de sa femme.

justin et marie thérèse raoux0p.jpg

Justin RAOUX et Marie Thérèse FLEURY en novembre 1916.

 

 

Publié dans => Personnalités, Ducey, Non classé | Laisser un commentaire

Un nouveau « coin de l’Ancien » !

Une carte postale de Charles Patarin vient d’être mise sur la page d’Accueil, rubrique Coin de l’Ancien.

A vous de reconnaître cette belle carte ancienne !

Vers page d’accueil

En passant | Publié le par | Laisser un commentaire

Le Protestantisme dans le canton de Ducey

En 2017, les protestants fêtent les 500 ans de la Réforme.

Située sur les terres d’un de ses plus ardents défenseurs, Gabriel 1er de Montgommery, l’Histothèque Jean-Vitel s’associe modestement à cet anniversaire.
Dans le cadre historique du château de Ducey, l’association retrace la vie engagée dans la lutte religieuse de cette famille.

Vers annonce …

Publié dans Non classé | Laisser un commentaire

La Bande noire

En ce début de mars 1864, une vente aux enchères publiques est organisée au château des Montgommery de Ducey.

DSCN5428 3

Dessin de Narcisse Berthelot, artiste local, avant 1864 – Collection particulière.

Les objets mis en vente consistent en tous les matériaux composant le château de Ducey, grand pavillon et corps de logis à la suite, tels qu’ils se poursuivent et comportent et tel que le corps de logis est terminé au nord par le pignon qui devait former séparation entre lui et un pavillon commencé ou détruit dont les fondations et ce qui s’élève hors de terre ne fait point partie de la présente vente”. Il est ajouté plus loin : “Le corps de logis pourra être immédiatement démoli jusqu’à l’escalier ; quant au gros pavillon et à l’escalier, ils pourront l’être qu’à partir du jour Saint-Michel prochain (…) ».
Archives Départementales de la Manche 107 J 112.

 

Mais que se passe-t-il à Ducey ?

Quelques jours auparavant, la presse avait fait écho au triste sort de ce monument :

« Voilà encore un des souvenirs vivants du passé qui va disparaître dans notre pays. Le château de Ducey, l’un des manoirs des Montgommery va être vendu le 1er mars pour être démoli.  Avant qu’il ne s’efface complètement sous le marteau du démolisseur, nous croyons intéresser le lecteur en empruntant à « L’Avranchin monumental et historique », de M. Le Héricher, la description de ce monument dont une aile manquait depuis longtemps (…).».

Mais l’article s’achève sur une lueur d’espoir avec ses mots :Château

« Nous pensons que ce serait un bonheur pour tout le pays s’il venait à se produire un amateur éclairé qui pût acheter tous les matériaux et mieux encore conserver l’édifice. Le perron extérieur surtout et les fenêtres à ornements des divers étages ont un certain mérite (…). C’est le seul château, croyons-nous, de ce siècle, de ce style qui existe dans le pays. Et à ce titre, il mériterait bien d’être conservé »
L’Avranchin 28 février 1863.

 

Comment en est-on arrivé là ?

Le château appartient alors à la famille de Semallé. Le comte Jean-René-Pierre (voir article Histothèque : Les souvenirs du Comte de Semallé ou lorsque la petite histoire rejoint la grande…) venait de s’éteindre  le 10 janvier 1863 à Versailles. Son petit fils écrit de lui, dans un ouvrage qui est consacré aux souvenirs de son grand-père :

Semallé

« Le Comte de Semallé a terminé sa vie à Versailles, à l’Ermitage, dans l’ancienne propriété de Mme de Pompadour, devenue sous Louis XVI, maison de campagne de Mesdames, tantes du Roi, dont il avait fait l’acquisition en 1835, en souvenir de la famille royale. Il avait coutume de faire dire tous les ans, dans la
chapelle de son parc, une messe à l’anniversaire du 21 janvier[1]. Malgré son grand âge, il voulut encore y assister en 1863.Il y prit froid et s’éteignit doucement, huit jours après, à l’âge de quatre-vingt-onze ans ».

Faire-Part de + du Comte René vde SEMALLE 2

Faire-part de décès du comte de Semallé – Collection particulière.

La nouvelle arrive par voie postale à Ducey. Jean-Louis Baron régisseur des biens du comte et demeurant au château avec sa famille (voir article : Menus potins de Ducey au XIXème siècle), apprend la funeste nouvelle qui se répand rapidement dans la cité. Les ouvriers œuvrant pour l’ouverture de la rue neuve Saint-Germain s’arrêtent quelques minutes pour échanger sur le comte. Les autorités municipales s’interrogent sur l’achèvement des nouvelles halles qui se trouvent sur les terrains Semallé, lequel en avait consenti l’abandon. Il est vrai que la commune de Ducey se trouve alors dans « l’état le plus précaire concernant ses ressources » (Délibérations du 18 février 1863). L’empierrement de la rue Saint-Germain et la construction d’un pont sur la Sélune entre les communes de Ducey et de Saint-Aubin sont nécessaires et urgentes. Et le comte de Semallé avait généreusement doté la commune de différents terrains par le passé.

Au cours des mois qui vont suivre, les terres sont partagées entre ses héritiers.

La famille consent à céder les terrains tant convoités par la commune. Le 7 février 1864, le conseil municipal inscrit dans le registre des délibérations la donation de la famille du champ de foire le Pâtis et de la Matonnerie, terrains longeant la rivière face au château ainsi que deux rues ou voies dans la partie de la prairie dite de la Fontaine. Au cours de la même séance, on apprend que les héritiers : « ont fait donation entre vifs et irrévocable à la commune de Ducey des différents portions de terrains ci désignés pour le prolongement des constructions de l’hôtel de ville et l’ouverture des rues de Semallé, de Bienville, du Croissant et du chemin vicinal n°121 de Ducey à St James dans la traverse du bois d’Ardennes aux charges, clauses et conditions énoncées ». La municipalité accepte avec reconnaissance.

P1000774 copie

Maquette réalisée par le Rail Miniature de Baie, exposée au château des Montgommery.

La démolition

Le fils aîné du comte de Semallé, Roger, prend des dispositions relatives à l’ancien château des Montgommery. Il signale, dans une lettre adressée à sa mère et datée de février 1864 :

“Ce même lundi a dû commencer la démolition du logis de Semallé d’après ce que j’ai ordonné en partant” et il ajoute : “C’est une vraie révolution à Ducey que ce qui s’y passe depuis quelques jours”.Installée depuis 1831 dans une partie du château, la famille Baron est contrainte de quitter les lieux.  « Pendant plusieurs jours, Mme Baron et ses trois filles ne faisaient que pleurer, elles se désolaient de quitter Ducey. Le père Baron refusait à bâtir absolument et était en marche pour acheter à Avranches. Si c’eut été pour St-Hilaire, elles se seraient consolées. Mais Avranches les désespérait. Ma position était des plus embarrassantes et même bien pénible. Tous ces habitants de Ducey et les pauvres venaient témoigner leurs regrets et tout dépendait de moi. Enfin avant-hier j’ai vendu pour 8 000 f. la maison qu’ils habitent. Le terrain vaut bien 5 000 f. mais les bâtiments sont mauvais …Mais c’était une si cruelle besogne d’expulser cette famille. Le fils restant et achetant un terrain pour bâtir que j’ai accordé à ces dames de donner au père Baron pour 8 000 fr. prix qu’il n’aurait pas pu dépasser pour quoique ce fut.

Baron est bien aimé mais son fils l’est beaucoup. C’est une vraie fête que la fixation de cette famille ici. Les Baron ont la moitié de la cour. L’autre moitié forme un emplacement séparé (…) ». (AD50 107 J 112).

La démolition du corps de logis a donc débuté mais l’escalier et le grand pavillon sont en sursis « ils pourront l’être qu’à partir du jour Saint-Michel prochain (…)”. Madame de Semallé, veuve, écrit à son fils Roger deux lettres en mars 1864 :

“Je t’envoie la lettre de Mtre Baron (…) Avoir laissé jusqu’à la Saint-Michel, quelle bêtise d’attendre l’automne ! Séparez le pavillon du château, prenez ce qu’il faut dans le château pour ce pavillon, pour le garder, s’il en est besoin et donnez le reste pour la démolition, vous ferez une bonne affaire. Que mes idées ne vous gênent en rien, faites comme si vous aviez acquis ce château du Grand Turc. Je n’ai aucune prétention sur la carcasse”. (AD50 107 J 112).

Le 9 mars suivant, une partie des terrains autour du château est vendue à l’aubergiste M. Guy Prunier et à d’autres habitants de Ducey.

Mais le 6 mai, la presse rapporte un dénouement heureux :

« Le château de Ducey, ce vieux manoir plein de souvenirs historiques, vient d’échapper à la bande noire[2]. Condamné à la démolition par ses propriétaires actuels, il n’a pu trouver acquéreur aux prix et exigences des vendeurs. S’en tiendra-t-on là ? Espérons-le ! ».

Le régisseur Baron explique à Roger de Semallé l’échec du terrible projet.

Monsieur le Comte, J’ai fait mon possible pour trouver un entrepreneur qui voulut bien se charger de la démolition de la partie du château que vous désirez ne point conserver, malheureusement je n’ai pu arriver à aucun résultat. J’ai prié Monsieur Theberge architecte, de vouloir bien m’aider dans mes recherches ; il s’y est prêté de fort bonne grâce mais comme moi n’a pu trouver parmi les entrepreneurs et ouvriers avec lesquels il est en rapport, aucune personne voulaient faire cette démolition aux conditions imposées. Je crois bien, Monsieur le Comte, que vous soyez forcé de faire faire cette démolition par des hommes de peine que vous paierez à la journée. J’ai traité avec M. Theberge la question des lucarnes. Mais c’est hier seulement qu’il m’a fait connaître quel prix il voulait donner à chacune d’elles avec réserve toutefois de faire approuver le marché à intervenir par M. de Saint-Paul auquel elles sont destinées. M. Theberge offre 100 frs pour chaque lucarne prise sur place. Il se chargerait de la démolition. Il ne voudrait que 6 lucarnes et il désirerait avoir trois lucarnes de la façade et trois lucarnes du côté opposé. Je viens donc vous demander, Monsieur le Comte, avant de traiter définitivement avec M. Theberge  si le prix de 100 frs par lui offert pour chaque lucarne vous parait suffisant et si vous tenez à conserver plutôt telle lucarne que telle autre. M. Theberge prendrait aussi une partie des corniches si vous consentez à lui céder celles qu’il indiquerait au prix qu’il offrirait aussitôt qu’il aurait connu votre réponse à ce sujet.
(Lettre du 14 juin 1864 – AD Manche, 107 J 112).

Après cette date, Theberge s’exécute. Les six lucarnes du corps central vont rejoindre les toitures du château de Lingeard (commune de Saint-Pois) appartenant M. de Saint-Paul et les matériaux sont vendus à divers entrepreneurs. Fort heureusement, la démolition s’arrête avant les escaliers intérieurs permettant de desservir les appartements du pavillon sud, comme il l’était indiqué dans les conditions de vente. Ainsi, le pavillon abritant les étages nobles est sauvé, sur les conseils de la veuve Semallé.

29

Huile sur toile  de Narcisse Berthelot, peinte en 1894 – Collection particulière

Le château va revenir plus tard à la sœur de Roger de Semallé, prénommée Eudoxie, et à son gendre Marc de Boishue. La ville de Ducey poursuit les travaux communaux tout en  rappelant à la famille de Semallé les bonnes grâces passées et fait à nouveau appel à sa générosité en décembre. Le maire Lebedel demande notamment du bois au comte pour la construction de deux préaux.

« Le directeur des frères chargés d’instruire les enfants de la commune sollicite à l’administration municipale la construction de deux préaux dans la cour de cette école ». Le conseil municipal a voté cette construction mais a budgété 300 frs. Le coût est de 500 frs : « pensant que vous pourrez posséder à Ducey quelques morceaux de bois provenant de la démolition de votre château et qui vous seraient peu utiles » (Archives Municipales de Ducey – registre des délibérations.
(AD50 107 J 112).

 

Le château des Montgommery a échappé au sort qu’ont connu de nombreux châteaux et monuments français. Victor Hugo avait consacré un poème intitulé « La bande noire » qui paraîtra dans son recueil « Odes et ballades » en 1823, et dont voici quelques extraits en guise de conclusion :

« Parvis où notre orgueil s’enflamme !
Maisons de Dieu ! Manoirs des rois !
Temples que gardait l’oriflamme,
Palais que protégeait la croix !
Réduits d’amour ! Arcs de victoires !
Vous qui témoignez de nos gloires,
Vous qui proclamez nos grandeurs !
Chapelles, donjons, monastères !
Murs voilés de tant de mystères,
Murs brillants de tant de splendeurs !

O débris ! Ruines de France,
Que notre amour en vain défend,
Séjours de joie ou de souffrance,
Vieux monuments d’un peuple enfant !
Restes, sur qui le temps s’avance !
De l’Armorique à la Provence,
Vous que l’honneur eut pour abri !
Arceaux tombés, voûtes brisées !
Vestiges des races passées !
Lit sacré d’un fleuve tari !

Oui, je crois, quand je vous contemple,
Des héros entendre l’adieu ;
Souvent, dans les débris du temple,
Brille comme un rayon du dieu.
Mes pas errants cherchent la trace
De ces fiers guerriers dont l’audace,
Faisait un trône d’un pavois ;
Je demande, oubliant les heures,
Au vieil écho de leurs demeures
Ce qui lui reste de leur voix.

Souvent ma muse aventurière,
S’enivrant de rêves soudains,
Ceignit la cuirasse guerrière
Et l’écharpe des paladins ;
S’armant d’un fer rongé de rouille,
Elle déroba leur dépouille
Aux lambris du long corridor ;
Et, vers des régions nouvelles,
Pour hâter son coursier sans ailes,
Osa chausser l’éperon d’or ».

(…)
« O Français, respectons ces restes !
Le ciel bénit les fils pieux
Qui gardent, dans leurs jours funestes,
L’héritage de leurs aïeux.
Comme une gloire dérobée,
Comptons chaque pierre tombée ;
Que le temps suspende sa loi ;
Rendons les Gaules à la France,
Les souvenirs à l’espérance
Les vieux palais au jeune roi !  »
(…)

———————————————-

[1] 21 janvier 1793, date de la mort de Louis XVI.

[2] La Bande noire est une expression désignant, dans son ultime usage, une association de spéculateurs qui, sous la Révolution française, à partir de la mise sous séquestre des biens du Clergé (décrets des 13 mai et 16 juillet 1790) et des émigrés (décrets du 2 septembre 1792 et 3 juin 1793), s'entendaient pour acheter à bas prix les châteaux, abbayes, monuments d'art les plus précieux, dans le but de les occuper, de les revendre avec profit (parcellisation des anciens domaines) ou de les démolir et d'en vendre les matériaux (Wikipédia).

 

 

Publié dans Ducey, Non classé | Tagué , | 1 commentaire

Le Tour de Normandie, à Ducey, (suite)

Départ de la deuxième étape du Tour de Normandie 1959

depart_etape_2_Tour_Normandie (Reduction)

Départ devant la mairie de Ducey et la Maison de la Presse de Mme Heurtault

 

 

depart_etape_2_Tour_Normandie_1

 

 

On peut reconnaître de gauche à droite :
le n° 24, BRALANT du S.V. Senlis ;
le n°28, BERTEL du S.V. Senlis ;
le n° 47, CASTRO Henrique, portugais du V.C Courbevoie ;
le n° 23, DRIEUX Daniel du S.V. Senlis.

 

depart_etape_2_Tour_Normandie_2

 

le n°43, DUEZ Henri du V.C. Courbevoie ;
le n° 32, DANGUILLAUME Jean Cycle Flèche d’Or (qui remportera 2 étapes) ;
le n° 42, BARDY Léo du V.C Courbevoie ;
LEBOULANGER Alphonse porteur du Maillot des As de Paris-Normandie ;

 

depart_etape_2_Tour_Normandie_3

 

enfin
le n° 64,  BIANCHI René de l’U.S Créteil;
le n° 45, VERNEAU Daniel du V.C Courbevoie

 

 

 

 

Les vainqueurs des étapes du Tour 1959

1re étape Cherbourg – Ducey 186 km                       MIELE (Belgique)
2e étape Ducey -Alençon 170 km                             LECESNE Jean (Normandie)
3e étape Alençon -Gournay 202 km                        CAILLEAUX René (Belge)
4e étape Gournay –Rouen 195 km                            DUBOIS Georges (La Flèche d’Or)
5e étape Rouen –Caen 177 km                                   DANGUILLAUME Jean (La Flèche d’Or)
6e étape Caen –Cherbourg                                        DANGUILLAUME Jean (La Flèche d’Or)

Le classement général de 1959

Tour_Normandie_class_gene_1959 (Reduction)

 

Quelques réclames (1950/1960) !

 

Le Tour de Normandie 2005

Il faut attendre 2005 pour revoir cette épreuve à Ducey. L’organisation du Tour de Normandie s’est modifiée avec une arrivée dans une ville et le départ dans une autre.

C’est ainsi que la 5e étape de ce tour 2005 se déroule entre Domfront et Avranches où l’Espagnol Olmo MENACHO triomphe.
Le lendemain, samedi 26 mars 2005, le départ de la 6e étape est donné à Ducey  à 12 heures 30. Après 173 km de course, les coureurs arrivent à Bagnoles de l’Orne. Le Hollandais Kai REUS de la Rabobank porte le maillot de leader.
A l’issue de huit étapes, c’est ce même Kai REUS qui inscrit son nom au palmarès de l’ édition 2005.

R_26-03-2005 Tour de Normandie à Ducey (1) (Reduction)

Le Tour de Normandie 2010

Comme en 2005, le Tour de Normandie 2010 part de Ducey. Le samedi 27 mars, devant une foule nombreuse, la caravane publicitaire se met en route quelque temps avant les coureurs. Le départ est donné place du Plat d’Etain, à 12h30. La 7e étape, longue de 172 km, conduira les coureurs de Ducey à Bagnoles de l’Orne.
La veille, l’étape Domfront – Avranches, longue de 168 km, avait vu le succès du Russe Alexander MIRONOV.
Place du Plat d’étain les coureurs s’élancent pour la 7e étape Ducey- Bagnoles de l’Orne

Avant le départ

Le Tour de Normandie 2017

Après sept ans d’absence, le Tour de Normandie revient cette année à Ducey, lors de l’arrivée de la 6ème étape Fleury-sur- Orne – Ducey._Les Chéris
Comme pour la plupart des éditions précédentes, les arrivées d’étapes se font dans une ville et le départ dans une autre. Or sur le plan sportif,une arrivée présente beaucoup plus d’intérêt qu’un départ d’étape.
Cet événement offre à Ducey une nouvelle occasion de manifester son attachement au cyclisme. En effet,cette passion a débuté en 1897, lors d’une fête locale.
Pour mémoire, rappelons quelques unes des grandes épreuves cyclistes régionales et nationales qui, au fil du siècle dernier, ont illustré Ducey :

  • Maillot des As de Paris-Normandie
  • Championnat de Normandie de Cyclo-Cross
  • Tour de la Manche
  • Tour de l’Avenir
  • Tour de Normandie
  • Passage du Tour de France à deux reprises , 1986 et 2013
  • etc.

Pour cette 37e édition, comportant 7 étapes, le départ est donné le lundi 20 mars à Bourg-Achard dans l’Eure et l’arrivée est prévue à Caen, le dimanche 26 mars.

En ce qui concerne Ducey, l’arrivée de la 6e étape, longue de 166 km, a lieu Rue de Les Chéris, le samedi 25 mars. Une boucle finale, d’environ 10 km, est à parcourir quatre fois, sur un terrain de jeu vallonné, en particulier avec la côte de La Garenne.

C’est Damien Gaudin, de l’équipe Armée de terre, qui, finissant comme un boulet de canon, remporte le sprint final, après une échappée dès le 45ème km, en compagnie de trois autres concurrents.

La boucle finale

R_Tour_Normandie_boucle_2017 (Reduction)

 

Ce diaporama nécessite JavaScript.

 

Le lendemain, l’arrivée à Caen consacre le Normand, Anthony Delaplace, vainqueur du Tour 2017.

 

 

 

 

Publié dans ⇒ Divers, Ducey | Laisser un commentaire

Le Tour de Normandie, à Ducey

Le Tour de Normandie cycliste est devenu une épreuve de renommée nationale.

Créé en mai 1939, il connait dès son origine un vrai succès. Son départ est donné, à Caen, le 19 mai, deux jours après la célèbre course Bordeaux-Paris, longue de 572 kilomètres, à couvrir en une seule journée !

Le journal Ouest-Éclair couvre les trois étapes du Tour de Normandie.

Tour_Normandie_1939_05_17_Ouest_Eclair_1 (Reduction)

La seconde étape

Tour_Normandie_1939_05_seconde_etape_Ouest_Eclair (Reduction)

Réclame !!!

1924_recadree (Reduction)

Résumé de l’épreuve

Tour_Normandie_resume_Ouest_E_24_mai_1939 (1) (Reduction)Tour_Normandie_resume_Ouest_E_24_mai_1939 (2) (Reduction)Tour_Normandie_resume_Ouest_E_24_mai_1939 (3) (Reduction)Tour_Normandie_resume_Ouest_E_24_mai_1939 (4) (Reduction)Tour_Normandie_resume_Ouest_E_24_mai_1939 (5) (Reduction)

 

A peine créé en 1939, il fut malheureusement interrompu en raison de la guerre.

Reclame_velo_1939 (Reduction)

 

Il faudra attendre 1956 pour qu’une nouvelle édition soit mise sur pied. Cette année-là, le Breton, Armand AUDAIRE, remporta l’épreuve devant le Normand, Eugène LETENDRE de Saint-Hilaire-du-Harcouët.

A Ducey, le cyclisme était bien ancré grâce au Vélo-Club créé lui aussi dès 1939. Ce club fut associé à cette épreuve par trois fois en 1959, en 2005 et en 2010.
Pour mémoire, en 1959, celui-ci jouissait d’une excellente réputation, ayant déjà à son actif l’organisation d’une épreuve du Maillot des As, de Paris-Normandie et du Championnat de Normandie de cyclo-cross en 1958. Un de ses coureurs, Robert LAURENT, remporta le titre de Champion de Normandie.
Tout naturellement, pour la 5e édition du Tour de Normandie, en 1959, les organisateurs décidèrent de programmer la première étape entre Cherbourg et Ducey.

Le Tour de Normandie 1959

Le dimanche 10 mai 1959, cinquante-six coureurs, répartis en 7 équipes, prirent le départ à Cherbourg.

Voici la liste des engagés au départ de cette première étape Cherbourg –Ducey, longue de 186 km.

Cycles BERTIN
Dir. Sportif : LOSFELD –Commissaire : JOUBIN V.C Avranches

1 BLAVIER Jean-Baptiste (Belge)
2 CAILLEAUX René (Belge)
3 CONTI Antonio (Italien)
4 DELBECQ Jacques (Belge)
5 DENUTTE Raymond (Belge)
6 DHAENE Jacques (Belge)
7 DUBART Willy (Belge)
8 MIELE Francisco ( Italien)

Cycles La Flèche d’Or
Dir. Sportif : VINCENT –Commisaire ROGER V.C Avranches

31 PERLY Henri ( P. Le Mans)
32 DANGUILLAUME Jean (A.V.Tours)
33 DANGUILLAUME Roland (A.V.Tours)
34 HUET Marcel (V.S La Ferté-Bernard)
35 HUET Eugène (V.S.La Ferté-Bernard)
36 LEBOULANGER Alphonse (E.C Le Havre)
37 LEBOULANGER Bernard (E.C. Le Havre)
39 DUBOIS Georges ( V.C. Rennes)

V.C. ROUEN –Café Cigogne
Dir. Sportif : Couraet –Commissaire:DARTUS V.C. St Hilaire

11 LEFRANC Elie
12 POULINGUE Pierre
13 BOUVATIER Claude
14 BISPE Jean-Claude
15 LEGRIS Roger
16 LEBAUBE Jean-Claude
17 WILMET François
18 DEMARE Marcel

V.C. COURBEVOIE
– 
ASNIERE
Dir. Sportif : SAUVAGE –Commissaire : AUBERNON V.C. St Hilaire

41 VERMEULEN Paul
42 BARDY Léo
43 DUEZ Henri
44 COUSSEAU Claude
45 VERNEAU Daniel
46 MAÏA Alfredo de Azevedo ( Portugais)
47 CASTRO Henrique (Portugais)
48 CLOAREC Michel

S.V. SENLIS
Dir. Sportif : DACGUIN –Commissaire :
CHARLES V.C. Pontorson

21 WASKO Joseph
22 SIMON Gérard
23 DRIEUX Daniel
24 BRALANT
25 HENWOOD Alain
26 ESTIVAL Raymond
27 LECLERCQ
28 BOITEL

U.S. CRETEIL
Dir. Sportif:REBIFFE-Commissaire:
DUFOUR V.C ; Ducey

61 JILLARD Barthélémy (Belge)
62 REBIFFE Jacques
63 SUTER Pierre
64 BIANCHI René
65 PRIMOUT Claude
66 KALUZA Jean
67 MAZURIER René
68 GAUTIER Henri

Equipe de Normandie
Dir. Sportif : CAUDRON –
Commissaire : LEMOUSSU V.C. St Hilaire

71 LEPOITEVIN Fernand (A.S. Cherbourg)
72 JULIENNE Roger ( Bayeux A.C)
73 FABRICE Marcel ( A.C Sotteville)
74 LECESNE Jean (A.S Cherbourg)
75 MOYTEAUX (U.V.Caen)
76 FONTAINE Michel (E.S. Caen)
77 DELAHAYE Jean (E.C. Lisieux)
78 MORIERE ( E.C. Lisieux)

Lariflette_1954

Lariflette, fidèle accompagnateur du cyclisme régional, dans Ouest-France

Monsieur Armand DUFOUR, membre du Vélo-Club ducéen et commissaire de cette première étape, en fait le résumé :

Le contrôle de départ s’effectue au café restaurant du Théâtre de Cherbourg, je suis affecté par M. LENEPVEU, comme commissaire à l’équipe de l’U.S Créteil dont la voiture a été désignée par le sort, voiture n° 1, je serai donc bien placé, car devant la voiture de Créteil il n’y aura que celle du Directeur de la Course.

Nous nous rendons au départ (qui a lieu Avenue de Paris) derrière les coureurs, par la Rue des Tribunaux, les quais, avenue François Millet, avenue de Paris.

Au cours de l’appel, le speaker nous apprend que le Belge Barthélemy JILLARD, de l’U.S Créteil, a battu jeudi dernier à Bruxelles le record de Belgique de l’heure en couvrant 45 kms 430.

Puis le départ est donné avec 5 minutes de retard (11h.35) –Les 56 partants font un démarrage sur les chapeaux de roue et la longue montée, à la sortie de Cherbourg, est montée en un rien de temps.

Dès le km 10, le Directeur de la course sort son drapeau rouge car une fugue se dessine déjà. Bientôt l’ardoisier nous indique qu’un groupe d’échappés comprend le n° 1 BLAVIER, le 5 DENUTE (Bertin), le 21 WASKO (S.V. Senlis) le 44 COUSSEAU, le 46 MAÏA, le 47 CASTRO et le 48 CLOAREC (V.C Courbevoie), le 64 BIANCHI, le 65 PRIMOUT le 66 KALUZA , le 67 MAZURIER et le 68 GAUTIER ( l’U.S Créteil) et le 74 LECESNE (Normandie).

Les passagers de l’U.S Créteil se réjouissent déjà car 5 de leurs coureurs sont dans l’échappée, mais l’un d’eux a la malchance de crever un peu avant St Pierre Eglise (km 12). Il doit laisser filer ses douze compagnons de fugue. Il se fait passer aussi par le peloton ; appliquant parfaitement l’esprit d’équipe, ses camarades de club : REBIFFE (62) JILLARD (61) et SUTER (63) l’attendent.

Nous stoppons, les mécanos s’énervent quelque peu mais le changement de roue s’effectue rapidement tout de même. Les 4 sociétaires de Créteil engagent une course poursuite à 50 km/heure de toute beauté, mais le peloton qui chasse ferme ne les a, bien sûr, pas attendu et ils ne pourront réintégrer le peloton qu’à St Vaast-La-Hougue (km 37), la poursuite aura donc duré 25 kilomètres ; Les 12 échappés comptent alors 1 minute d’avance. La pluie qui menaçait fait son apparition et durera pendant de nombreux kilomètres.

BOUVATIER (V.C. Rouen) crève à Valognes (km 55) il est attendu par BISPE et LEBAUBE et revient rapidement, cependant que POULINGUE (V.C. Rouen), J. DANGUILLAUME (La Flèche d’Or), DUEZ (V.C Courbevoie) et FABRICE (Normandie) s’évadent du peloton et se lancent à la poursuite des 12 coureurs de tête, qu’ils rejoignent au km 70.

11 kilomètres plus loin à La Haye du Puits (km 81) un regroupement général s’opère. Le train tombe mais l’accalmie est de courte durée car à Lessay (km 89) le drapeau rouge fait une nouvelle apparition. En effet une nouvelle échappée de 12 hommes prend corps. Les fuyards sont : le 1 BLAVIER, le 2 CAILLEAUX, le 5 DENUTTE et le 8 MIELE (Bertin) le 23 DRIEUX (S.V. Senlis) le 35 Eugène HUET et le 37 Bernard LEBOULANGER (La Flèche d’Or) le 42 BARDY, le 43 DUEZ et le 44 COUSSEAUX (V.C. Courbevoie),  le 64 BIANCHI (U.S.Créteil) et le 76 FONTAINE (Normandie). Entre temps PERLY (La Flèche d’Or) doit changer de roue, mais, attendu par Marcel HUET, DUBOIS et Roland DANGUILLAUME, il réintègre rapidement le peloton.

Le ravitaillement ayant lieu à Périers (km 99), on doit passer les coureurs pour aller préparer les musettes.

Sur les lieux même du ravitaillement, DRIEUX crève et doit laisser filer ses 11 camarades d’échappée, lesquels comptent 30 secondes d’avance sur JULIENNE (Normandie) et DEMARE (V.C. Rouen), et 50 secondes sur tous les autres coureurs. DRIEUX repart avec le peloton, plusieurs coureurs manquent leur musette. BARDY est bientôt largué du groupe de tête et essuyant un fameux coup de pompe, rapidement dépassé et oublié par le peloton. On pense à son abandon mais courageux il continuera seul et arrivera à Ducey juste devant la voiture balai avec près d’une demie-heure de retard, cependant que JULIENNE et DEMARE parviennent à leurs fins et rejoignent le groupe de tête. Les 12 echappés augmentent leur avance qui se chiffre par 2 minutes 15 à Coutances (km 113) et par 3 minutes 10 à Granville (km 142).

A la sortie de Granville, POULINGUE crève mais avec l’aide de BISPE et de LEGRIX, il reprend vite sa place au sein du peloton.

On apprend que MIELE a crevé à Jullouville (km 150) mais immédiatement secouru, il reprend tout de suite sa place en tête plus heureux que FONTAINE qui doit changer son boyau arrière à Carolles (km 153) et de fait se fait absorber par le gros de la troupe.

Les kilomètres commencent à se faire sentir et plusieurs ont du mal à suivre le train, SUTER, KALUZA et MAZURIER de Creteil se font même décoller mais serrant les dents ils reviennent.

Nous abordons la longue côte de la gare d’Avranches, le peloton éclate et nous remontons LEFRANC (V.C. Rouen) PRIMOUT, SUTER, KALUZA (Créteil) et VERNEAU (V.C. Courbevoie), puis BRALANT (S.V. Senlis), CLOAREC, MAÏA, CASTRO (V.C. Courbevoie) BOUVATIER (V.C. Rouen) JILLARD (U.S Créteil) et WILMET (V.C. Rouen) puis DELBECQ (Bertin) MAZURIER (U.S Créteil), FABRICE (Normandie) Pierre BOITEL (S.V.Senlis) puis VERMEULEN (V.C. Courbevoie) et Marcel HUET mais nous n’arrivons pas à doubler le reste du peloton car nous arrivons dans les « M » nous sommes donc bloqués dans le milieu des coureurs et plusieurs d’entre eux dont les noms précèdent profitent du sillage de notre voiture pour réintégrer le peloton ; le Directeur de la course n’est pas content de cela et nous interdit le passage, il nous autorise tout de même à passer le peloton au « V ». Nous remontons donc le peloton en avant duquel et légèrement détachés se trouvent PERLY (La Flèche d’Or) et ESTIVAL de Senlis. On remonte ensuite Eugène HUET qui faisait partie de l’échappée et qui victime d’une crevaison est occupé à changer de roue, puis JULIENNE( qui est en difficulté par suite de fringale) et COUSSEAU, puis un groupe de cinq comprenant : BLAVIER, DUEZ, DEMARE, Bernard LEBOULANGER et DENUTTE.

Nous arrivons enfin derrière notre coureur de Créteil, BIANCHI, accompagné du Belge CAILLEAUX. Nous nous plaçons derrière les 2 hommes pour assister à leur sprint, mais il n’y a pratiquement pas de sprint car BIANCHI, fatigué est nettement battu par CAILLEAUX.

Sur la ligne d’arrivée, avenue Emile Dehousse, face à la gendarmerie, on apprend que ce n’est pas CAILLEAUX le vainqueur mais son camarade d’équipe MIELE qui s ‘était détaché, seul, à la sortie d’Avranches !

Classement de la première étape Cherbourg-Ducey
longue de 186 km

Il est à noter que pour un système de bonus, le nombre de kilomètres d’une étape est souvent surévalué. C’est le cas, ici, où le journal indique 190 km.

Tour_Normandie_etape_1 (Reduction)

Prochainement, la deuxième étape et la suite de l’article, mais avant un peu de réclames

 

A suivre …

Publié dans ⇒ Divers, Ducey | Laisser un commentaire